Lomé s’est réveillée ce mercredi 17 septembre sous le choc. Très tôt dans la matinée, le domicile de Mme Essossimna Marguerite Gnakade, ancienne ministre des Armées de Faure Gnassingbé en rupture ouverte avec le régime, a été pris d’assaut par un imposant dispositif militaire.
Selon plusieurs riverains du quartier Tokoin Solidarité, des véhicules militaires lourdement armés ont encerclé la maison avant que les soldats, cagoulés, ne défoncent le portail pour pénétrer dans la concession. Quelques minutes plus tard, Mme Gnakade a été embarquée de force vers une destination inconnue.
Une figure de la contestation
Ancienne baronne du système, Marguerite Gnakade s’est muée ces derniers mois en opposante frontale au régime de Faure Gnassingbé, publiant plusieurs tribunes dans lesquelles elle dresse un bilan « catastrophique » de deux décennies de règne.
Le 30 août dernier, elle avait rejoint une marche de protestation initiée par le mouvement M66, regroupant jeunes blogueurs et activistes de la diaspora. Dans une vidéo devenue virale, elle appelait publiquement le chef de l’État à quitter le pouvoir.
Des appels directs à l’armée
Dans ses dernières interventions, l’ancienne ministre n’a pas hésité à interpeller les Forces de défense et de sécurité, leur demandant de « refuser d’être l’arme d’une dictature ».
« Le moment est venu de vous souvenir que votre engagement vous lie au peuple et non à un pouvoir », écrivait-elle le 12 juin dernier dans une tribune retentissante.
Son message, qui fait écho au malaise social et politique grandissant dans le pays, a trouvé un écho certain auprès d’une partie de la jeunesse et de l’opinion.
Silence officiel
Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite sur les motifs de cette arrestation spectaculaire. Mais dans les rues de Lomé, la nouvelle fait déjà grand bruit. Beaucoup y voient une tentative de museler celle qui, de l’intérieur du système, a choisi de briser l’omerta.
