L’ancien militaire rwandais, devenu une voix critique du président Paul Kagame sur YouTube, a été retrouvé mort à la périphérie de Kampala. Sa tête n’avait toujours pas été retrouvée lundi, selon la police ougandaise.
Le meurtre de Robert Kabera, ancien sergent-major de l’armée rwandaise âgé de 50 ans, suscite des inquiétudes sur la sécurité des opposants rwandais en exil. L’homme, connu pour ses critiques publiques contre le président Paul Kagame et son administration, a été retrouvé décapité en Ouganda, pays voisin du Rwanda.
Son corps a été découvert au cours du week-end par des habitants à la périphérie de Kampala, la capitale ougandaise. Selon le porte-parole de la police ougandaise, Kituuma Rusoke, la tête de la victime n’avait toujours pas été retrouvée lundi.
Un ancien militaire devenu critique du régime
Ancien membre de l’armée rwandaise, Robert Kabera avait quitté le Rwanda après avoir été accusé d’agression sexuelle, des accusations qu’il avait rejetées. Il s’était ensuite rendu en Ouganda, où il avait demandé l’asile, affirmant craindre des persécutions politiques.
Au fil des années, il s’était fait connaître sur les réseaux sociaux, notamment grâce à sa chaîne YouTube. Celle-ci comptait plus de 144 000 abonnés et proposait plus de 800 vidéos, dont un grand nombre consacrées à la critique de Paul Kagame et de son gouvernement.
Cette visibilité avait fait de lui une figure connue parmi les détracteurs du pouvoir rwandais.
Une mort qui inquiète sa famille
Les circonstances de la mort de Robert Kabera restent à éclaircir. Selon sa famille, il s’était rendu sur un chantier de construction situé à environ 45 kilomètres de Kampala pour en inspecter l’avancement avant d’être retrouvé mort.
Sa disparition tragique plonge ses proches dans l’inquiétude. Sa veuve, Jeanne d’Arc Rwigema Uwizeye, a confié à la BBC Great Lakes craindre désormais pour sa propre sécurité et celle de ses enfants.
« C’est effrayant. Je me sens folle, les enfants et moi n’avons pas de sécurité », a-t-elle déclaré dans un message écrit.
À ce stade, les informations rapportées ne permettent pas d’établir les circonstances précises du meurtre ni d’en identifier les auteurs.
L’opposition rwandaise réclame une enquête
Le meurtre a également suscité une réaction du Congrès national du Rwanda (RNC), un mouvement d’opposition en exil. Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, le groupe a appelé à une enquête approfondie et à ce que les responsables soient traduits en justice.
« Aujourd’hui, sa famille est en deuil, sa voix a disparu et les Rwandais en exil sont confrontés à une question terrifiante : où pouvons-nous être en sécurité ? », a déclaré le mouvement.
Le gouvernement rwandais n’avait pas publiquement commenté l’affaire au moment des informations rapportées. Aucun élément présenté dans ces informations ne permet d’établir une implication des autorités rwandaises dans ce meurtre.
La sécurité des opposants rwandais en exil de nouveau en question
La mort de Robert Kabera relance les préoccupations concernant la sécurité des détracteurs du pouvoir rwandais établis à l’étranger. Plusieurs opposants au président Paul Kagame ont été tués au Rwanda ou hors des frontières du pays, alimentant les inquiétudes sur les risques auxquels certains dissidents peuvent être exposés.
L’affaire Kabera soulève ainsi des interrogations sur la protection des demandeurs d’asile et des opposants politiques vivant en exil, notamment dans les pays voisins du Rwanda.
L’enquête devra notamment permettre de déterminer les circonstances exactes de cette décapitation, d’identifier les auteurs et d’établir leurs éventuelles motivations.
Pour l’heure, les circonstances du meurtre de Robert Kabera demeurent floues et aucune responsabilité n’a été officiellement établie dans les éléments rapportés.
