Les relations entre Paris et Niamey connaissent un nouvel épisode de tension. La France a déclaré deux agents des services de renseignement nigériens « persona non grata » le 16 septembre 2026. Les deux hommes, en poste à l’ambassade du Niger à Paris, ont été contraints de quitter le territoire français.
La crise diplomatique entre la France et le Niger se poursuit. Selon une source diplomatique citée par l’Agence France-Presse (AFP), deux agents des services de renseignement nigériens affectés à l’ambassade du Niger à Paris ont été déclarés « persona non grata » le 16 septembre dernier. Ils ont ensuite quitté le territoire français.
Cette décision, rapportée également par le quotidien français Le Monde, intervient dans un contexte de relations fortement dégradées entre les deux pays depuis le coup d’État militaire survenu au Niger en juillet 2023.
Des activités de renseignement évoquées
Selon la source diplomatique citée par l’AFP, la présence des deux agents ne se justifiait plus en raison de l’absence de coopération entre Paris et Niamey.
D’après Le Monde, qui s’appuie sur une source nigérienne, l’un des agents aurait notamment été soupçonné de mener des activités de surveillance visant des opposants nigériens établis sur le territoire français.
Sollicité par l’AFP, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas souhaité commenter cette affaire.
Une crise diplomatique ouverte depuis 2023
Les relations entre la France et le Niger se sont considérablement détériorées après le renversement du président Mohamed Bazoum, le 26 juillet 2023, par des militaires dirigés par le général Abdourahamane Tiani.
Quelques semaines après le putsch, les nouvelles autorités nigériennes avaient exigé le départ de l’ambassadeur de France à Niamey, Sylvain Itté. Après plusieurs semaines de tensions et de restrictions autour de l’ambassade, le diplomate avait finalement quitté le Niger en septembre 2023.
La rupture s’est également manifestée sur le plan militaire. Les autorités nigériennes ont dénoncé les accords de coopération militaire avec la France, entraînant le retrait des quelque 1 500 militaires français alors déployés dans le pays.
En décembre 2023, Paris a annoncé la fermeture de son ambassade à Niamey, invoquant les difficultés rencontrées pour assurer son fonctionnement normal dans les conditions imposées par les autorités nigériennes.
Des relations toujours fragilisées
Malgré la fermeture de son ambassade au Niger, la France a maintenu sa position politique concernant le renversement de Mohamed Bazoum. De son côté, l’ambassade du Niger à Paris est restée ouverte, malgré la dégradation des relations bilatérales.
L’expulsion des deux agents de renseignement illustre ainsi la persistance des tensions entre les deux pays. Elle intervient dans un contexte marqué par la rupture de la coopération militaire, les désaccords politiques et l’absence de relations diplomatiques normales.
Aucune réaction officielle des autorités nigériennes concernant cette décision n’a été rapportée dans les informations citées.
