Un vaste réseau de fraude aux visas et de falsification de cartes de séjour a été mis hors d’état de nuire par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT). Cinq individus ont été arrêtés et présentés devant le Procureur après plusieurs semaines d’investigations.
Tout est parti d’une alerte
Le 12 août dernier, l’Ambassade de France à Dakar a signalé à la DNLT des irrégularités dans certaines demandes de visa. Très vite, les enquêteurs découvrent l’existence d’un réseau organisé et structuré, dont le mode opératoire reposait sur la vente de rendez-vous frauduleux pour les visas. Les suspects proposaient à des candidats au voyage des créneaux « garantis » via une agence de voyages, contre des paiements pouvant atteindre 175 000 FCFA. Un commerce illégal prospérant sur la rareté et la difficulté d’obtenir des rendez-vous officiels.
Des complicités bien placées
Le principal suspect a reconnu avoir obtenu de faux documents par le biais d’un complice, moyennant 150 000 FCFA par dossier. L’enquête a également permis de remonter à d’autres intermédiaires, notamment des employés liés au centre de dépôt BLS, ainsi que des agents de sécurité soupçonnés d’avoir facilité l’accès aux clients du réseau.
Lors des perquisitions, deux cartes de séjour françaises falsifiées ont été découvertes. Elles auraient été fabriquées depuis la Turquie, par l’entremise d’un contact extérieur, pour la somme astronomique de cinq millions FCFA.
Un système bien huilé
Selon les premiers éléments, le réseau utilisait aussi de fausses invitations, émises par des expatriés ou même par le biais d’un président d’association, afin de renforcer la crédibilité des demandes de visa. Une stratégie qui illustre le niveau de sophistication de cette fraude transnationale.
Des poursuites judiciaires en cours
Les cinq individus arrêtés – poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie, faux et usage de faux, corruption et complicité – ont été déférés le 15 septembre 2025 devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’autres complices, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.
Une alerte pour les candidats à l’émigration
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les dérives liées aux filières clandestines de migration. Des milliers de jeunes, attirés par l’Europe, deviennent des proies faciles pour ces réseaux qui exploitent leurs rêves et leur désespoir. Les autorités rappellent que tout document frauduleux expose non seulement à la prison, mais aussi à une interdiction durable d’entrée sur le territoire européen.
