Le nord du Togo continue de payer un lourd tribut à la lutte contre les groupes armés terroristes. Ce samedi 5 juillet, deux patrouilles des forces de défense et de sécurité togolaises ont été la cible d’engins explosifs improvisés (IED) dans la région du Kpendjal. Bilan : quatre militaires tués et plusieurs autres blessés, dans ce qui apparaît comme des attaques coordonnées.
À 15h00 TU, la première attaque a frappé une patrouille opérant dans la localité de Pognoa-Tikonti, à la frontière avec le Burkina Faso. Un IED à effet dirigé, déclenché à distance, a touché de plein fouet le véhicule des forces togolaises. Trois soldats y ont perdu la vie, tandis que plusieurs autres ont été évacués vers des structures sanitaires pour des soins.
Presque au même moment, à Tanfiagou — une localité située à une douzaine de kilomètres de Sankortchagou, dans le canton de Koundjoaré — une deuxième patrouille a été ciblée par un dispositif explosif similaire. Cette seconde attaque a coûté la vie à un quatrième militaire, tandis que les blessés ont été admis au Centre hospitalier régional (CHR) de Dapaong.
Une menace toujours active
Ces deux attaques simultanées confirment une fois encore la persistance de la menace dans cette partie du pays. Le mois de juillet, depuis le début des incursions terroristes en 2022, s’impose désormais comme une période noire pour les forces armées togolaises.
Face à cette insécurité, les autorités poursuivent la mise en œuvre de mesures de protection, notamment par la construction d’une tranchée défensive surveillée en continu le long de la frontière avec le Burkina Faso. Si cette barrière physique est jugée essentielle pour freiner les infiltrations, elle suscite aussi des inquiétudes au sein des populations locales : elle pourrait entraver les liens sociaux, familiaux et commerciaux de part et d’autre de la frontière, historiquement perméable et vécue comme un espace partagé.
Le défi des IED
Le chantier même de cette tranchée n’échappe pas aux attaques. En début d’année, le site de Kpenkinkandi avait été visé, sans faire de victime grâce à la vigilance des troupes. Toutefois, les groupes armés exploitent toujours certaines failles, notamment les maisons abandonnées par les déplacés, utilisées comme caches ou points de pose de mines artisanales.
Pour contrer cette stratégie, les forces de sécurité ont entamé une campagne de destruction systématique de ces habitations inoccupées. Une mesure nécessaire, mais qui ne permet pas encore d’endiguer totalement le recours aux engins explosifs improvisés.
Les IED, armes discrètes et meurtrières, sont devenus l’un des outils les plus redoutables des groupes armés dans cette guerre d’usure. Moins visibles que les assauts directs, ils continuent pourtant de semer la mort dans les rangs des forces régulières et de maintenir une pression constante sur le dispositif sécuritaire.