L’armée nigériane a annoncé, jeudi, avoir abattu plus de 50 combattants djihadistes lors d’une série de raids aériens et terrestres dans le nord-est du pays, théâtre d’un conflit vieux de seize ans contre Boko Haram et sa branche État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Les opérations se sont déroulées dans les villes de Dikwa, Mafa et Gajibo, dans l’État de Borno, ainsi qu’à Katarko dans l’État voisin de Yobe, a précisé le lieutenant-colonel Sani Uba dans un communiqué officiel.
Drones armés et riposte militaire
Selon l’armée, les insurgés avaient lancé des attaques simultanées en utilisant des drones armés et des RPG contre plusieurs positions militaires. Les troupes, soutenues par des avions de chasse, ont riposté, neutralisant des dizaines de combattants.
« Les efforts terrestres et aériens combinés ont permis de neutraliser plus de 50 terroristes dans tous les lieux », a déclaré le lieutenant-colonel Uba, ajoutant que plus de 70 insurgés blessés sont activement recherchés.
Des armes lourdes, kalachnikovs et grenades propulsées par fusée ont été saisies, selon le communiqué. L’armée a également partagé sur le réseau X (ancien Twitter) des images montrant des soldats au-dessus des corps présumés de djihadistes neutralisés.
Des combats intenses à Mafa et Dikwa
Les affrontements ont été particulièrement violents à Mafa et Dikwa, où les drones des insurgés ont provoqué d’importants dégâts matériels.
« Certains véhicules et bâtiments ont été détruits par les tirs des drones armés et des RPG, notamment à Mafa et Dikwa, où une partie des défenses a été momentanément percée », a reconnu l’armée.
Des sources de renseignement citées par l’AFP attribuent ces attaques à l’ISWAP, qui reste hautement opérationnel malgré les lourdes pertes subies ces derniers mois.
Une menace régionale persistante
Selon un rapport de sécurité de l’ONU, les assaillants venus du Cameroun voisin ont d’abord frappé les bases de Gajibo et Dikwa avant de s’en prendre à Mafa, qu’ils ont temporairement investie.
Le document indique que cinq commandants de l’ISWAP figurent parmi les tués, tout en soulignant la résilience et la capacité offensive persistante du groupe.
Bilan humain et conséquences
Plusieurs soldats nigérians ont été blessés lors des affrontements, selon l’armée, sans précision sur le nombre.
Des habitants de Mafa ont rapporté avoir vu des camions brûlés, chargés de ciment à destination du Tchad, incendiés par les militants.
Le conflit dans le nord-est du Nigeria a déjà causé plus de 40 000 morts et plus de deux millions de déplacés depuis 2009.
Depuis 2019, les forces nigérianes ont réorganisé leur dispositif en se concentrant dans de grandes garnisons fortifiées, appelées « super camps », afin de mieux résister aux attaques.
Mais plusieurs observateurs estiment que cette stratégie a permis aux insurgés de renforcer leur mobilité dans les zones rurales et de multiplier les embuscades contre les voyageurs et les convois militaires.
Une lutte qui se régionalise
Le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun poursuivent leur coordination au sein de la Force multinationale mixte (FMM) pour contrer les groupes djihadistes du bassin du lac Tchad.
Cependant, les attaques de plus en plus sophistiquées, notamment à l’aide de drones commerciaux modifiés, montrent que la menace évolue rapidement et exige une adaptation stratégique continue.
