Les décès successifs du pasteur Johannes Bavon et de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo continuent de susciter de nombreuses réflexions au sein de l’opinion togolaise. Au-delà des hommages rendus à ces deux figures connues de la vie publique, leurs disparitions rappellent également le parcours souvent difficile de nombreux militants qui ont choisi de s’engager dans l’opposition politique au Togo.
Le pasteur Johannes Bavon, fondateur de l’Église Ambassade des Merveilles et initiateur du Front des Architectes de la République (FAR), s’est éteint le 4 décembre 2025 après plusieurs années d’un engagement à la fois spirituel et citoyen. Connu pour ses prises de position en faveur de l’alternance politique et de la participation citoyenne, il avait fait le choix de porter publiquement ses convictions malgré les contraintes et les risques liés à cet engagement.
Quelques mois plus tôt, le 3 mars 2024, c’était Agbéyomé Kodjo qui disparaissait à Tema, au Ghana. Ancien Premier ministre devenu l’une des principales figures de l’opposition togolaise, il vivait loin de son pays depuis la crise post-électorale de 2020. Sa disparition avait provoqué une vive émotion parmi ses partisans, mais aussi au sein de la diaspora togolaise qui continuait de suivre son combat politique.
Le cas d’Agbéyomé Kodjo est d’autant plus marquant qu’il n’était pas le seul à avoir payé un lourd tribut à son engagement. Plusieurs de ses collaborateurs et sympathisants ont connu l’exil, les poursuites judiciaires, les arrestations ou encore la séparation d’avec leurs proches. Parmi eux figure également Ferdinand Edoh, l’un de ses fidèles lieutenants, décédé lui aussi loin du Togo après avoir partagé les épreuves liées à cette période de tensions politiques.
C’est dans ce contexte qu’apparaît le parcours d’Akouvi Woadale Delali Akpalou, militante de longue date du parti OBUTS. Membre de cette formation politique depuis février 2006 sous la direction de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, elle fait partie de ces femmes et de ces hommes d’ombre qui ont accompagné l’ancien Premier ministre pendant une grande partie de son combat politique.
Son engagement lui aurait valu plusieurs arrestations ainsi que des mauvais traitements dont les conséquences continueraient de peser sur sa vie, selon plusieurs témoignages. Comme de nombreux militants de l’opposition confrontés à des difficultés sécuritaires ou judiciaires, elle aurait finalement quitté le Togo pour trouver refuge en France.
Le lien entre Johannes Bavon, Agbéyomé Kodjo, Ferdinand Edoh et Akouvi Woadale Delali Akpalou ne réside pas seulement dans leur appartenance à un parti politique. Il se trouve surtout dans le choix qu’ils ont fait, chacun à leur manière, de défendre des convictions politiques et citoyennes qu’ils considéraient comme essentielles pour l’avenir du pays.
Aujourd’hui, alors que Johannes Bavon, Agbéyomé Kodjo et Ferdinand Edoh ne sont plus là pour porter eux-mêmes leurs idéaux, des militants comme Akouvi Woadale Delali Akpalou et autres demeurent les témoins vivants de cette histoire. Leur parcours rappelle que derrière les débats politiques se cachent souvent des trajectoires humaines faites de sacrifices, d’épreuves, de résilience et parfois d’exil.
