La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a officiellement lancé, mardi 29 septembre 2026 à Lomé, la deuxième édition du Forum d’Investissement de la CEDEAO (EIF 2027). Après une première édition qui avait débouché sur 439 millions de dollars d’accords, la banque régionale veut désormais franchir un nouveau cap : rapprocher davantage les projets des financements et faire de l’investissement un levier de résilience et de transformation économique.

Le coup d’envoi de l’EIF 2027 a été donné mardi à l’Auditorium EVALA de l’Hôtel 2 Février à Lomé, en présence du président de la BIDC, Dr George Agyekum Donkor, du président du Conseil des Gouverneurs de la banque et ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, ainsi que de Akou Mawussé Adetou-Afidenyigba, directrice de cabinet du ministère togolais de l’Économie et des Finances, représentant le ministre Essowè Georges Barcola.
Prévue les 7 et 8 avril 2027 au Palais des Congrès de Lomé, cette deuxième édition sera placée sous le thème : « Résilience et transformation : naviguer dans un contexte mondial incertain et libérer une croissance inclusive en Afrique de l’Ouest ».
439 millions de dollars : le précédent de l’EIF 2024
Pour la BIDC, l’édition 2024 a permis de démontrer que le Forum peut dépasser le stade des échanges et produire des engagements financiers concrets.
La première édition, organisée à Lomé, avait réuni plus de 700 participants venus d’une vingtaine de pays. Elle avait notamment abouti à la signature de trois protocoles d’accord représentant 439 millions de dollars, soit plus de 250 milliards de francs CFA, pour le financement de projets en Guinée, au Nigeria et au Sénégal. Les secteurs concernés comprenaient notamment l’énergie, les transports, la santé, l’agriculture et l’éducation.
Pour le président de la BIDC, George Agyekum Donkor, ces résultats illustrent la vocation particulière de l’EIF.
Le président de la banque a également rappelé que les projets issus de la première édition étaient toujours en cours de financement. L’objectif affiché pour 2027 est donc de rapprocher davantage promoteurs de projets et financiers, afin de favoriser une prospérité partagée.
En présidant le lancement, le président du Conseil des Gouverneurs de la BIDC, Ismaël Nabé, a insisté sur la nécessité de donner au rendez-vous une portée concrète.
« L’EIF 2027 ne sera pas un forum de plus. Il sera un espace où la vision rencontre le capital, où les projets rencontrent les investisseurs. »
Pour le ministre guinéen, l’enjeu est notamment de réduire les distances entre les différents maillons de la chaîne de financement.
« Nous voulons réduire la distance entre l’opportunité et l’investissement, entre le projet et le financement, entre l’investissement et l’impact. »
Son intervention intervient dans un contexte régional marqué par les tensions géopolitiques, les recompositions des chaînes de valeur, les contraintes financières internationales et les effets du changement climatique.
Pour le Togo, l’incertitude doit aussi ouvrir des opportunités
Représentant le ministre togolais de l’Économie et des Finances, Akou Mawussé Adetou-Afidenyigba a, elle aussi, insisté sur la nécessité d’aborder les défis actuels avec lucidité.
« La présente rencontre se tient dans un contexte qui nous impose d’analyser avec lucidité les défis de notre histoire collective », a-t-elle déclaré, évoquant notamment les tensions géopolitiques, les fragmentations économiques, les chocs climatiques et les bouleversements technologiques.
Cette intervention rejoint l’un des axes centraux de l’EIF 2027 : identifier les vulnérabilités de la région tout en recherchant les moyens de renforcer sa capacité à absorber les chocs et à poursuivre sa transformation économique.
Un forum tourné vers les projets et les financements
Pour cette nouvelle édition, la BIDC entend réunir investisseurs, institutions financières, gouvernements, secteur privé, partenaires au développement et porteurs de projets.
Environ 40 projets et programmes doivent être présentés. Le programme prévoit également des deal rooms, des panels, des masterclass, des rencontres B2B, des sessions sectorielles ainsi que des espaces de réseautage et d’exposition.
Les discussions porteront notamment sur la résilience économique, les systèmes alimentaires adaptés au climat, l’industrialisation verte, l’entrepreneuriat inclusif et l’économie numérique.
Vers un mécanisme régional de résilience
L’un des projets annoncés pour l’édition 2027 concerne la préparation d’un document-cadre pour la création éventuelle d’un « Fonds de Résilience de l’Afrique de l’Ouest ».
Ce mécanisme pourrait notamment s’appuyer sur des obligations souveraines liées aux catastrophes, des obligations à impact destinées à la diaspora et un fonds consacré à la gestion des crises.
La BIDC souhaite également obtenir de nouveaux engagements d’investissement autour de secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture et l’alimentation, la transformation des ressources extractives et les systèmes régionaux de paiement.
Une Afrique de l’Ouest confrontée à de nouveaux défis
Le choix du thème de l’EIF 2027 intervient alors que les économies ouest-africaines doivent composer avec plusieurs facteurs d’incertitude.
Selon George Agyekum Donkor, la région avait enregistré une croissance de 4,8 % en 2025, contre 4,7 % en 2024. Mais les chocs économiques et géopolitiques de 2026, notamment la hausse des prix de l’énergie et des engrais, viennent compliquer les perspectives.
La question posée par l’EIF 2027 dépasse donc la simple mobilisation de capitaux. Il s’agit aussi de savoir comment orienter ces financements vers des secteurs capables de renforcer la production, l’emploi, l’intégration régionale et la résilience des économies ouest-africaines.
Lomé, à nouveau au cœur de la finance régionale
Avec cette deuxième édition, Lomé s’apprête une nouvelle fois à accueillir l’un des principaux rendez-vous consacrés à l’investissement en Afrique de l’Ouest.
Le pari de la BIDC est désormais clair : faire de l’EIF un espace où les discussions débouchent sur des partenariats, où les projets trouvent des financements et où les capitaux contribuent directement à la transformation économique de la région.
Après les 439 millions de dollars d’accords enregistrés en 2024, l’édition 2027 devra ainsi démontrer si cette dynamique peut changer d’échelle.
Rendez-vous les 7 et 8 avril 2027 au Palais des Congrès de Lomé.
