316 arrestations, près de 2.000 appareils saisis et des millions de dollars déjoués. C’est le lourd bilan d’une opération d’Interpol menée entre novembre 2024 et février 2025 dans sept pays africains (Afrique du Sud, Bénin, Côte d’Ivoire, Nigeria, Rwanda, Togo et Zambie). Baptisée « Carte rouge », l’opération a visé les réseaux transnationaux spécialisés dans les cyberattaques, les arnaques bancaires et les fraudes aux applications de messagerie.
Des cybercriminels organisés comme de véritables entreprises
L’opération révèle l’ampleur inquiétante des escroqueries numériques qui gangrènent le continent. En Afrique du Sud, 45 suspects ont été arrêtés pour appartenance à un réseau de manipulation sociale ayant subtilisé plus de 305.000 dollars en 2024. En Côte d’Ivoire, la police a mis la main sur un véritable centre de fraude, avec des milliers de données personnelles sensibles et l’accès direct aux comptes bancaires de victimes. Plus de 103.000 dollars en liquide et 292 appareils ont été saisis.
Au Nigeria et au Bénin, les autorités ont découvert des réseaux reposant sur plus de 1.000 cartes SIM et des ordinateurs destinés à tromper les épargnants avec de fausses opportunités d’investissement et des applications frauduleuses. En Zambie, un gang de 14 personnes se livrait à la vente illicite de services de téléphonie mobile, tandis qu’au Rwanda, les cybercriminels ciblaient les applications de messagerie instantanée.
Une coopération africaine renforcée
Au total, 316 individus ont été interpellés et 1.842 appareils électroniques saisis. Pour Interpol, qui a coordonné l’opération depuis son centre de cybercriminalité basé à Singapour, ces résultats prouvent que la coopération internationale est un levier incontournable face à des réseaux criminels transnationaux.
« Les criminels se cachent derrière des écrans, mais leurs crimes ont des conséquences bien réelles pour les victimes », a rappelé un responsable d’Interpol.
Une menace persistante
Si l’opération « Carte rouge » a permis de démanteler plusieurs réseaux, la cybercriminalité reste un défi majeur pour la sécurité africaine. Le recours croissant à l’intelligence artificielle, aux fausses identités numériques et aux arnaques financières sophistiquées accentue les risques.
Pour les États africains, l’enjeu est double : renforcer leurs capacités techniques et judiciaires, tout en développant la sensibilisation des citoyens face à des arnaques de plus en plus difficiles à détecter.
Vers une cyberdéfense collective
Interpol, en partenariat avec les autorités africaines, promet d’intensifier ses actions contre ces menaces numériques. « Nous continuerons de renforcer nos partenariats pour mieux protéger les citoyens », a assuré Neil Jaton, chef du centre de cybercriminalité d’Interpol.
Cette opération inédite illustre un tournant : la cybersécurité est désormais un pilier incontournable de la sécurité nationale et régionale en Afrique.
