À l’approche des élections municipales prévues pour le 17 juillet 2025, les autorités togolaises ont enclenché une dynamique sécuritaire de grande envergure. Depuis le 1er juillet, date de lancement officiel de la campagne électorale, un dispositif spécial baptisé FOSEM 2025 (Force Sécurité Élections Municipales) est déployé sur toute l’étendue du territoire. Objectif : garantir un environnement calme, sécurisé et impartial tout au long du processus électoral.
Une force spéciale, un commandement structuré
Créée par décret présidentiel N°2025-007/PC du 26 juin 2025, la FOSEM 2025 est constituée de 12 000 éléments issus des rangs de la Police et de la Gendarmerie nationale. Elle fonctionne sous la supervision directe de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et le commandement opérationnel du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. À sa tête, le Colonel Essodô Koudjaki Kedewouli, assisté du Commissaire Divisionnaire de Police Essonanna Bamazi et du Lieutenant-colonel Iniwé Koura.
La force spéciale est présente dans toutes les régions, avec des commandements décentralisés à l’échelle régionale et préfectorale. Ceux-ci opèrent en coordination étroite avec les Commissions Électorales Locales Indépendantes (CELI) et les autorités administratives, tout en conservant leur autonomie opérationnelle pour intervenir avec efficacité.
Mission : sécurité, neutralité et sérénité
La mission assignée à la FOSEM 2025 est claire : sécuriser l’ensemble du processus électoral – des activités de campagne jusqu’à la proclamation des résultats. Elle veille à la protection des personnes (candidats, électeurs, personnel électoral), des infrastructures et du matériel électoral. En outre, elle est chargée du maintien de l’ordre public, de l’encadrement des manifestations électorales, et de la prévention des troubles pouvant perturber le bon déroulement du scrutin.
Dans un contexte régional marqué par des tensions électorales dans plusieurs pays voisins, la mise en place de ce dispositif apparaît comme une démarche stratégique de prévention des crises, dans le respect des principes républicains. L’un des points d’insistance du ministère de la Sécurité reste la stricte neutralité de la FOSEM : aucune ingérence dans les choix politiques ou les décisions administratives ne sera tolérée.
Un état-major pluridisciplinaire pour coordonner l’action sur le terrain
Pour assurer une couverture sécuritaire efficace, un état-major pluridisciplinaire a été institué. Il regroupe des représentants de la Police, de la Gendarmerie, des Sapeurs-pompiers, de la CENI et des ministères concernés. Cette structure est chargée de la coordination stratégique et de l’ajustement rapide des interventions selon les réalités du terrain.
Selon les autorités, cette organisation vise à offrir aux populations « les meilleures garanties de sécurité, de liberté et de transparence dans l’expression de leur choix démocratique ».
Une approche sécuritaire proactive pour une démocratie apaisée
En mettant en place la FOSEM 2025, le Togo affirme sa volonté de ne pas laisser la sécurité du scrutin au hasard. Dans un pays où les élections ont souvent cristallisé des tensions, ce dispositif est perçu comme une réponse forte, visant à rassurer l’opinion publique et à prévenir toute tentative de perturbation.
Reste désormais à la FOSEM 2025 de traduire cette ambition dans les faits, en incarnant la rigueur, l’impartialité et la vigilance attendues d’elle. Car la sécurité du vote n’est pas seulement une affaire de force : elle est aussi une condition essentielle à la crédibilité du processus démocratique.
