Pendant près d’un mois, la ville de Jacqueville a été le théâtre d’un impressionnant ballet militaire où coordination, formation et solidarité régionale ont été les maîtres mots. Il s’agissait de l’édition 2025 de l’exercice Flintlock, un rendez-vous stratégique pour les forces spéciales africaines et leurs partenaires internationaux, placé cette année sous le signe du contre-terrorisme collectif.
Organisé du 22 avril au 14 mai, Flintlock 25 a rassemblé plus de 500 soldats issus de 38 pays, dont 12 d’Afrique de l’Ouest dont le Togo, pour renforcer la préparation opérationnelle et la coopération transfrontalière dans la lutte contre les menaces extrémistes. Une priorité absolue pour la Côte d’Ivoire, pays hôte, confrontée à l’instabilité sécuritaire au nord de ses frontières partagées avec le Mali et le Burkina Faso.
Un entraînement tactique grandeur nature
L’un des moments forts de l’exercice fut une séquence d’assaut spectaculaire, réalisée conjointement par les Forces spéciales ivoiriennes et une unité de l’armée britannique. Déployés en Humvees, les soldats ont simulé la libération d’une installation, utilisant grenades assourdissantes et tirs à blanc pour neutraliser les cibles. Un exercice marquant l’excellence du travail interarmées et l’harmonisation tactique nécessaire aux missions réelles.
Une réponse unifiée face à un ennemi transnational
Pour le général de brigade Tibé Bi, commandant des forces spéciales ivoiriennes, l’enjeu est clair : « Seule une approche collective et coordonnée permettra de répondre efficacement et durablement aux menaces contemporaines. » Le terrorisme, en effet, ignore les frontières ; il impose aux pays concernés une réaction synchronisée entre armées, forces de police et agences de renseignement.
C’est tout l’objet de la Cellule de fusion inter-agences (CFIA), un dispositif mis en place lors de Flintlock 25 pour mutualiser les renseignements entre entités nationales et partenaires. Grâce à des formations en surveillance de scène de crime par drone, négociation, ou encore analyse de renseignements en temps réel, cette cellule incarne la volonté de créer un écosystème d’information robuste.
Une plateforme d’échange et de cohésion entre armées africaines
Le général de brigade Timothy Tifucro Ba-Taa-Banah, des Forces armées du Ghana, a salué un cadre unique de partage d’expériences. « Lorsque nous nous réunissons dans ces exercices multinationaux, nous voyons nos différences, mais surtout, nous apprenons à construire une interopérabilité et une cohésion renforcées pour mieux lutter ensemble. »
Outre les aspects strictement militaires, Flintlock 25 a aussi mis l’accent sur la relation armée-population, avec des activités civilo-militaires à Bingerville. Plus de 125 cadets ont bénéficié de sessions de mentorat, d’ateliers de sensibilisation, et d’un tournoi sportif encadré par des mentors venus de 10 pays partenaires.
Le Togo dans la dynamique régionale
Parmi les pays engagés dans l’exercice, le Togo a activement pris part aux entraînements aux côtés d’autres nations d’Afrique de l’Ouest comme le Nigeria, le Bénin, le Sénégal ou encore la Mauritanie. Pour Lomé, cette participation réaffirme son engagement dans la prévention du terrorisme, notamment dans la zone des savanes, où des risques d’infiltration existent depuis les frontières burkinabè.
Flintlock, bien plus qu’un exercice
Flintlock 25 n’est pas seulement un entraînement militaire. C’est un levier stratégique de coopération sécuritaire, un incubateur de compétences, et une réponse concrète à l’extrémisme violent qui menace la stabilité régionale. En conjuguant leadership africain, expertise internationale et coordination opérationnelle, les pays participants ont envoyé un signal fort : ensemble, ils forment un front uni contre le terrorisme.
