Le président américain Donald Trump a signé un nouveau décret exécutif imposant des restrictions de voyage aux ressortissants de plusieurs pays, dont le Togo. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une politique migratoire encore plus rigoureuse, justifiée selon la Maison Blanche par des préoccupations relatives à la sécurité nationale.
Au total, douze pays font désormais l’objet d’une interdiction totale d’entrée sur le territoire américain, tandis que sept autres, dont le Togo, se voient infliger des restrictions partielles. Dans le viseur de l’administration Trump : des failles présumées dans les systèmes de contrôle migratoire de ces États, ainsi qu’un fort taux de non-retour des voyageurs une fois leur visa expiré.

Le cas préoccupant du Togo
Le décret pointe notamment le Togo pour son incapacité à assurer un suivi efficace de ses ressortissants après leur entrée sur le sol américain. Les chiffres avancés par les autorités américaines sont sans appel : 19,03 % des Togolais titulaires de visas de type B1/B2 (visite d’affaires ou de tourisme) dépasseraient la durée légale de leur séjour. Plus préoccupant encore, 35,95 % des Togolais bénéficiaires de visas étudiants – catégories F (enseignement supérieur), M (formation professionnelle) et J (programmes d’échange) – ne regagneraient pas leur pays à la fin de leur formation.
Washington estime que cette situation constitue un risque à la fois pour la sécurité intérieure et l’intégrité de son système migratoire. En conséquence, les candidats togolais à l’obtention de certains visas se verront désormais confrontés à un filtrage plus strict, voire à des refus systématiques selon les cas.
Des exceptions strictement encadrées
Le décret prévoit néanmoins des dérogations. Les détenteurs de certains visas diplomatiques ou professionnels, ainsi que ceux dont le voyage est jugé conforme aux « intérêts nationaux des États-Unis », pourront être exemptés de ces restrictions. Les sportifs togolais qualifiés pour la Coupe du monde 2026 – organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique – ou encore pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 ne seront pas concernés.
Une liste évolutive
Donald Trump n’exclut pas une évolution de cette liste : « Des pays pourront en être retirés si des améliorations matérielles sont observées dans leur gestion des flux migratoires », a-t-il déclaré. À l’inverse, d’autres pays pourraient y être ajoutés en fonction des « menaces émergentes dans le monde ».
Il s’agit de la deuxième interdiction de ce type signée par l’ancien président, réélu pour un nouveau mandat. La première, en 2017, avait suscité une vague d’indignation dans plusieurs pays majoritairement musulmans.
Réactions attendues à Lomé
Ce décret risque de provoquer des remous au Togo, où la diaspora joue un rôle économique et social de premier plan. Des voix pourraient s’élever pour dénoncer une stigmatisation injuste et appeler à une réforme en profondeur des politiques de suivi migratoire et de coopération consulaire avec les États-Unis.
Dans ce contexte, les autorités togolaises sont appelées à réagir rapidement pour apaiser les tensions, corriger les dysfonctionnements pointés par Washington et préserver les ponts entre Lomé et les grandes villes américaines, notamment New York, Atlanta ou encore Houston, où réside une importante communauté togolaise.
