À l’heure où les cybermenaces se multiplient et ciblent de plus en plus les acteurs de l’information, les professionnels des médias togolais sont appelés à renforcer leur résilience numérique. C’est dans cette dynamique sécuritaire qu’une session de formation consacrée à la cybersécurité et à l’hygiène numérique a démarré ce mardi 19 mai 2026 à Kpalimé, sous l’initiative de Agence Nationale de la Cybersécurité en collaboration de l’Observatoire Togolais des Medias.
Prévue sur trois jours, cette retraite stratégique réunit plusieurs journalistes, animateurs, reporters et responsables de médias autour d’ateliers pratiques et de communications techniques visant à améliorer leur capacité de prévention face aux risques cybernétiques.
Les médias, des cibles privilégiées des cyberattaques
Dans un environnement numérique devenu particulièrement hostile, les rédactions figurent aujourd’hui parmi les structures les plus exposées aux tentatives de piratage, de surveillance illégale, de fuite de données ou encore de désinformation.
À l’ouverture des travaux, Nangbam DIDEMA, Directeur de la réglementation et du contrôle de conformité à l’ANCy, a rappelé que les journalistes manipulent quotidiennement des informations sensibles et travaillent régulièrement avec des sources dont l’anonymat doit être protégé.
« Vous êtes des cibles et des vecteurs parce que vous traitez des informations sensibles. Vous travaillez avec des sources qui souhaitent préserver leur anonymat. Vous utilisez des outils numériques souvent insuffisamment sécurisés », a-t-il souligné devant les participants.
Le responsable de l’ANCy a également insisté sur la dimension stratégique des médias dans la stabilité informationnelle d’un pays. Comparant les journalistes à « des griots des temps modernes », il a mis en avant leur influence dans la construction de l’opinion publique et la circulation de l’information.
Une réponse sécuritaire face aux nouvelles menaces numériques
À travers cette initiative, l’ANCy entend démocratiser les bonnes pratiques de cybersécurité au sein des médias togolais, dans un contexte marqué par l’intensification des attaques numériques à l’échelle mondiale.
Entre tentatives de phishing, usurpation d’identité, espionnage numérique, piratage de comptes ou infiltration des systèmes de communication, les menaces pesant sur les professionnels des médias sont devenues multidimensionnelles.
Pour l’institution, il devient donc impératif d’installer une véritable culture de sécurité numérique dans les rédactions afin de protéger non seulement les données professionnelles, mais également les sources d’information et les contenus sensibles.
Théorie, simulations et exercices pratiques
Durant cette retraite de formation, les participants bénéficieront de plusieurs modules techniques animés par des experts de l’ANCy. Les travaux alterneront entre exposés théoriques, démonstrations pratiques et exercices interactifs.
Les sessions porteront notamment sur : l’identification des tentatives de piratage ; les techniques de protection des données ; la sécurisation des équipements et des communications ; la gestion des mots de passe ; les risques liés aux réseaux sociaux et aux applications numériques ; l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène numérique au quotidien.
L’objectif affiché est de permettre aux journalistes de développer des réflexes de sécurité adaptés aux réalités actuelles du cyberespace.
Vers des rédactions plus résilientes
Au terme de cette formation, les professionnels des médias devraient être capables de mieux détecter les pièges numériques courants, de sécuriser leurs outils de travail et de limiter les risques de compromission de leurs données.
Au-delà d’une simple session de renforcement de capacités, cette initiative de l’ANCy apparaît comme une réponse préventive aux défis sécuritaires du numérique et à la nécessité de protéger l’écosystème médiatique togolais contre les nouvelles formes de menaces cybernétiques.
