Le Professeur Uche Mbanaso, spécialiste en cybersécurité et informatique, a exhorté la CEDEAO à adopter des outils d’intelligence artificielle (IA) afin de mieux répondre aux défis sécuritaires persistants de la région, notamment l’extrémisme violent et le terrorisme.
L’universitaire est intervenu lors de la deuxième session extraordinaire 2025 du Parlement de la CEDEAO, qui se tient depuis le 22 septembre à Port Harcourt, au Nigeria, sur le thème : « Exploiter l’intelligence artificielle pour l’efficacité parlementaire, la gouvernance éthique et le développement dans l’espace CEDEAO. »

L’IA comme levier stratégique
Dans sa présentation intitulée « Déploiement de l’IA dans le secteur de la sécurité : promouvoir la paix, la lutte antiterroriste et la sûreté publique », le Professeur Mbanaso a insisté sur la nécessité d’intégrer l’IA dans l’architecture sécuritaire ouest-africaine.
« L’intégration de l’IA dans le secteur de la sécurité est appelée à transformer la sûreté et la sécurité régionales, en offrant à la fois des opportunités et des défis pour la sous-région », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette transformation exige un cadre structuré et éthique afin de maximiser les bénéfices tout en réduisant les risques liés à la précision, au désengagement cognitif et aux enjeux de transparence.
Des défis à relever
Le chercheur a toutefois mis en garde contre certaines dérives possibles :
« Bien que l’IA détienne un potentiel significatif pour faire progresser la paix, la lutte antiterroriste et la sécurité publique, sa mise en œuvre concrète dépend de la capacité à surmonter des problèmes liés à la précision, au désengagement cognitif et à l’éthique », a-t-il expliqué.
Parmi les risques évoqués figurent la dépendance excessive aux technologies, la perte de créativité et d’esprit critique, ainsi que les menaces sur la confidentialité des données. Il a insisté sur la nécessité d’un équilibre, où l’IA viendrait soutenir l’action humaine sans jamais s’y substituer.
L’IA appliquée au contrôle des frontières
Pour le Professeur Mbanaso, l’un des champs prioritaires d’application reste le contrôle des frontières dans la sous-région, où les forces de sécurité affrontent des menaces évolutives et de plus en plus complexes. Il recommande la mise en place de systèmes centralisés et décentralisés de partage d’informations, ainsi qu’un mécanisme avancé de gestion des passagers pour détecter en temps réel des comportements suspects.
« Les capacités de vision par ordinateur de l’IA peuvent être utilisées pour examiner des images afin d’y déceler des anomalies, renforcer la surveillance des frontières, identifier des irrégularités dans les véhicules chargés de marchandises, surveiller les zones frontalières à l’aide de drones, et même authentifier des documents falsifiés grâce à l’analyse d’images », a-t-il souligné.
Il a également proposé la création d’un Système de Surveillance des Frontières de la CEDEAO, capable de relier entre eux drones, caméras et capteurs déployés par différents États membres, afin d’améliorer la veille sécuritaire et la coopération régionale.