En tournée samedi dernier dans la région du Centre-Sud, le Président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a lancé un cri d’alerte qui ne laissera personne indifférent. S’adressant aux forces vives réunies à Manga, le chef de l’État a exprimé une préoccupation de plus en plus pressante pour les forces de défense et de sécurité : l’usage incontrôlé des téléphones Android sur les théâtres d’opérations.
Un outil technologique devenu source de vulnérabilité
Alors que le téléphone intelligent est aujourd’hui un compagnon quotidien pour des millions de personnes à travers le monde, son usage dans un contexte militaire pourrait s’avérer lourd de conséquences. Le capitaine Traoré en a fait un point central de son intervention : « J’ai une doléance à l’endroit de tous et je voudrais solliciter le concours de chacun de vous pour limiter un danger pour nos soldats, qui est le téléphone Android. Cela n’est pas propre à l’armée burkinabè, mais ce problème existe partout dans le monde. »
Selon lui, ces appareils facilitent la géolocalisation des positions militaires par les groupes armés terroristes. Pire encore, certains combattants capturés auraient reconnu se repérer grâce à la lumière des téléphones utilisés la nuit par les soldats. « Ce sont les lumières de nos téléphones qu’ils observent pour connaître nos positions et nous attaquer », a confié le président.
Un appel aux familles et à la nation
En plus de compromettre la sécurité physique des soldats, l’usage des smartphones sur le terrain de guerre nuirait à leur concentration et à leur discipline. Face à cette menace, Ibrahim Traoré a lancé un appel solennel non seulement aux soldats eux-mêmes, mais aussi à leurs proches : « Le téléphone simple suffit amplement pour prendre des nouvelles. Laissez-les se concentrer et remporter la victoire sur l’ennemi. »
Le président a tenu à rappeler que la discipline en zone de guerre est un facteur crucial dans la lutte contre le terrorisme. Les réseaux sociaux, souvent perçus comme des espaces d’évasion ou de contact, peuvent devenir des canaux de distraction, voire d’infiltration, quand ils ne sont pas utilisés de manière responsable.
Au-delà du front : l’ambition d’un État résilient
Mais l’intervention présidentielle ne s’est pas limitée à cette doléance stratégique. Le capitaine Traoré a également dénoncé un autre fléau qui gangrène la société : les jeux de hasard, auxquels il impute une part croissante de la désagrégation des valeurs et du tissu social. Dans un ton ferme mais rassembleur, il a exhorté à un changement de comportement à l’échelle nationale.
Enfin, en signe de vision à long terme, il a annoncé une mesure phare en matière d’infrastructures : la création de brigades de construction de routes dans chaque région du pays d’ici à la fin de l’année. Une initiative qui vise à renforcer la résilience du pays en dotant chaque région d’une capacité autonome à développer et entretenir ses voies de communication.
Entre lucidité sécuritaire et cap vers le développement
Le message du président Ibrahim Traoré est clair : la guerre contre le terrorisme ne se gagne pas uniquement avec des armes, mais aussi par la discipline, la vigilance technologique et l’unité nationale. Dans un Burkina Faso en pleine transformation, chaque citoyen est appelé à jouer son rôle pour garantir la sécurité collective et accompagner l’effort de reconstruction.
