La sécurisation du littoral de Lomé s’intensifie après le démantèlement des installations jugées illégales. Des postes de sécurité aux patrouilles motorisées, les forces de l’ordre sont désormais fortement mobilisées pour prévenir le retour de la délinquance. Mais cette présence soulève aussi des interrogations sur la durée du dispositif, son coût pour l’État et le sort des acteurs économiques déguerpis.
La plage de Lomé connaît un nouveau visage. Après l’opération de démantèlement des installations implantées le long du littoral, les autorités ont renforcé la présence des forces de sécurité sur plusieurs portions de cette zone stratégique de la capitale togolaise.
L’objectif affiché est double : rassurer les populations et empêcher la réapparition des activités criminelles qui auraient motivé les opérations de déguerpissement. De Kodjoviakopé jusqu’à la zone des Lacs, plusieurs postes de sécurité ont ainsi été installés, avec des agents mobilisés de jour comme de nuit.
Un dispositif sécuritaire visible sur le littoral
Sur le terrain, la présence des forces de l’ordre ne passe pas inaperçue. En face de l’ancien Hôtel de la Paix, des éléments assurent une surveillance permanente et effectuent régulièrement des patrouilles en direction de la plage. Ces opérations sont appuyées par des équipes motorisées, afin de renforcer la capacité d’intervention sur le littoral.
Plus loin, devant l’hôtel Onomo, un véhicule du Groupement d’intervention de la police nationale (GIPN) est positionné dans la cocoteraie. Cette présence témoigne de l’importance accordée à la surveillance de cet espace, désormais placé sous une vigilance renforcée.
Pour les autorités, l’enjeu consiste à prévenir les actes de délinquance, à maintenir l’ordre public et à garantir aux riverains comme aux visiteurs un environnement plus sûr. Toutefois, la réussite de cette démarche ne dépendra pas uniquement du nombre d’agents déployés, mais aussi de la capacité à maintenir un climat de sécurité durable.
Sécurité publique : à quel prix et pour combien de temps ?
Si la nécessité de lutter contre la criminalité et de protéger les populations ne saurait être contestée, une question mérite néanmoins d’être posée : jusqu’à quand ce dispositif sécuritaire sera-t-il maintenu sur la plage de Lomé, et combien coûtera-t-il aux finances publiques ?
Le déguerpissement a également entraîné le départ de personnes qui exerçaient diverses activités économiques sur le littoral. Des acteurs qui, à leur manière, contribuaient à faire vivre cette partie de la capitale, à générer des revenus et à soutenir des familles. Certains participaient aussi à l’animation de cet espace et à la création d’activités susceptibles d’offrir des alternatives à l’oisiveté, sans que cela suffise à établir leur rôle dans la prévention de la délinquance.
Dès lors, faut-il nécessairement opposer sécurité et activité économique ? Pourquoi ne pas avoir privilégié, lorsque cela était possible, un encadrement rigoureux des activités, avec des règles claires, des contrôles réguliers et des sanctions contre les véritables auteurs d’infractions ?
Aujourd’hui, alors que les installations ont été démantelées, l’État doit mobiliser des moyens humains et matériels pour assurer une surveillance renforcée du littoral. Cette mobilisation, qui a nécessairement un coût, pose la question de la soutenabilité d’une présence permanente à long terme. Une sécurité durable peut-elle reposer uniquement sur un déploiement massif des forces de l’ordre, ou doit-elle aussi s’appuyer sur l’organisation de l’espace, la prévention, la responsabilisation des acteurs et la création d’activités économiques encadrées ?
Au-delà du retour au calme, le véritable défi est donc de trouver un équilibre entre l’impératif sécuritaire, la préservation des ressources publiques et la survie économique des personnes déguerpies. La plage de Lomé doit rester un espace sûr et accessible à tous. Mais la question demeure : cette sécurité sera-t-elle garantie durablement par une présence permanente des forces de l’ordre, ou les autorités envisagent-elles une solution qui permette également de faire revivre le littoral sans compromettre l’ordre public ?
