Dans une région des Savanes particulièrement exposée aux menaces transfrontalières et aux tentatives d’infiltration des groupes extrémistes, la prévention est devenue un enjeu vital. Après deux années d’exécution, le projet « Savanes Tanalafié » – initié par Plan International Togo avec l’appui financier de l’Union européenne – vient de s’achever, laissant derrière lui un dispositif communautaire renforcé de vigilance, d’alerte et de résilience face à l’extrémisme violent.
Réuni le 24 septembre à Dapaong, l’atelier de clôture a dressé un bilan éloquent : seize communes de la région disposent désormais de structures locales de prévention et d’alerte précoce, appuyées par des moyens logistiques modernes tels que des motos et tablettes confiées aux Comités Intervillages de Prévention de l’Extrémisme Violent (CIPLEV). Ces outils permettent aux « veilleurs » communautaires de réagir plus rapidement et d’alerter efficacement en cas de menaces.

Un bouclier social et sécuritaire à l’échelle locale
Au-delà de la surveillance, le projet a misé sur la cohésion sociale et l’autonomisation économique comme barrière contre l’endoctrinement. Plus de 400 plans d’affaires et 45 groupes d’épargne, représentant un volume de 125 millions de francs CFA, ont permis à des femmes et des jeunes de relancer leurs activités, réduisant ainsi leur vulnérabilité face aux recruteurs extrémistes. Dix forages solaires ont également été réalisés, améliorant les conditions de vie et renforçant l’adhésion des populations aux initiatives de paix.
Un signal fort pour la sécurité nationale
Présent à l’atelier au nom du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Lieutenant-colonel Yoma Baka, Directeur général de l’Agence nationale de la protection civile (ANPC), a salué « la pertinence et l’impact » du projet. Selon lui, les acquis démontrent que la lutte contre l’extrémisme violent ne repose pas uniquement sur les forces armées, mais aussi sur des communautés organisées, conscientes et impliquées dans la préservation de leur sécurité.
« Les actions menées ont permis à davantage de Togolais de mieux comprendre le phénomène, de s’intégrer au mécanisme d’alerte précoce et d’adopter des comportements favorisant des sociétés paisibles et harmonieuses », a-t-il affirmé, tout en appelant à l’extension de cette expérience à d’autres régions du pays.
Un modèle de prévention à consolider
Avec la fin du financement européen, la question de la pérennisation se pose. Les acteurs locaux et nationaux devront trouver des mécanismes pour maintenir ce réseau communautaire, véritable rempart contre les stratégies d’infiltration des groupes armés actifs dans le Sahel voisin.
Le projet « Savanes Tanalafié » aura montré que, dans un contexte sécuritaire fragile, la réponse à l’extrémisme violent passe par une combinaison d’initiatives militaires, sociales et communautaires. Il appartient désormais à l’État et à ses partenaires de capitaliser sur ce modèle pour bâtir une défense civile durable face aux menaces asymétriques.
