Dans de nombreuses villes d’Afrique, les incendies continuent de ravager maisons, commerces, marchés et immeubles sans qu’aucun moyen de lutte immédiate ne soit disponible. Parmi les négligences les plus courantes figure l’absence quasi systématique d’un outil pourtant simple et accessible : l’extincteur.
Un outil vital, mais absent de notre quotidien
L’extincteur est un dispositif conçu pour éteindre un début d’incendie ou ralentir sa propagation en attendant l’arrivée des secours. Il existe plusieurs types d’extincteurs (à eau, à poudre, au CO₂) selon la nature du feu (feux électriques, combustibles solides ou liquides, etc.).
Pourtant, dans notre culture (la plupart des pays africains), cet outil est souvent relégué au second plan, perçu comme un objet superflu ou réservé aux grandes entreprises. Cette mentalité doit changer. L’extincteur n’est pas un luxe, c’est une exigence de sécurité.
Immeubles publics : une lacune grave
Des écoles aux hôpitaux, en passant par les lieux de culte, les restaurants ou les immeubles d’habitation collective, très peu de bâtiments sont équipés de dispositifs de lutte contre l’incendie. Aucune signalétique, aucun extincteur visible. En cas de feu, c’est la panique généralisée. Pourtant, selon les normes internationales de sécurité, tout bâtiment recevant du public doit obligatoirement être équipé de moyens d’alerte et de premiers secours, dont l’extincteur est le premier outil. L’absence de ces dispositifs met en danger des centaines de vies chaque jour.
Et dans nos maisons ?
Le feu ne prévient pas. Il peut partir d’un court-circuit, d’une bouteille de gaz mal fermée ou d’une bougie oubliée. Avoir un extincteur chez soi pourrait éviter un drame. Placé près de la cuisine ou du compteur électrique, il permet d’intervenir immédiatement. Car dans un incendie, chaque seconde compte. Pour protéger nos familles, nos voisins et nos biens, intégrer l’extincteur dans chaque foyer devrait être une priorité.
Changer la culture de la prévention
Il est temps d’agir. Les autorités locales doivent imposer la présence d’extincteurs dans les bâtiments publics et privés, appuyées par des campagnes de sensibilisation menées dans les écoles, les médias et les églises.
Les promoteurs immobiliers, les chefs de famille, les responsables de marché ou de restaurant doivent également prendre leurs responsabilités. Un extincteur coûte parfois moins cher qu’un téléphone portable, mais peut sauver des vies.
L’extincteur ne doit plus être un objet « étranger » ou décoratif. Il doit faire partie intégrante de notre environnement quotidien. Comme le casque en circulation ou la ceinture de sécurité en voiture, il doit devenir un réflexe de survie. Sauver une vie commence parfois par une simple bonbonne rouge. N’attendons pas l’irréparable.
