1er mai, jour dédié à la reconnaissance du labeur et de la dignité du travail, une scène hors du commun a attiré les regards au cœur du marché de Klikamé. L’artiste togolaise Bibi Reine, figure bien connue de la scène musicale nationale, a choisi de délaisser les projecteurs habituels pour rendre un hommage vibrant à des acteurs souvent invisibilisés de notre économie : les portefaix.

Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de fraternité, l’événement qui est à sa 2ème édition, a rassemblé portefaix, commerçants et curieux autour d’une célébration authentique mêlant prestations artistiques, sensibilisation, chants traditionnels, danses populaires et un festin partagé. Le tout sous la houlette de Mme Ello Candide, représentante de l’EPAM. Loin des clichés mondains, Bibi Reine, accompagné par d’autres artistes à l’instar de Amet Gilberto a livré une performance sincère, empreinte de respect et d’humanité, saluant le courage quotidien de ces hommes et femmes qui, à force de bras et de sueur, soutiennent l’activité du marché.

Les portefaix, piliers silencieux de nos marchés
Souvent perçus comme de simples figures de l’arrière-plan, les portefaix sont pourtant indispensables au bon fonctionnement des marchés urbains. Transportant des charges lourdes sous le soleil ou la pluie, ils incarnent une forme de résilience et d’endurance peu reconnue. Leur travail, bien qu’invisible aux yeux de beaucoup, constitue l’un des maillons essentiels de la chaîne commerciale. « Si le marché bat son plein, c’est parce qu’il y a des portefaix qui chargent et déchargent les véhicules pour la plupart des commençants qui animent le marché », a souligné Bibi Reine.

Un geste artistique porteur de sens
En choisissant de passer cette journée à leurs côtés, Bibi Reine a posé un acte fort. Loin d’être un simple coup médiatique, sa démarche témoigne d’une conscience sociale aiguë et d’un désir de reconnecter l’art avec ceux qu’on oublie trop souvent. Elle a offert à près d’une centaine de portefaix presents bien plus qu’un spectacle : une reconnaissance publique, une valorisation symbolique, et surtout un moment de joie partagée, « être portefaix n’est pas la fin du monde. On peut exercer ce métier, s’organiser, se former et devenir un grand homme demain », a précisé l’artiste.
Un message pour toute une société
Ce 1er mai à Klikamé n’était pas qu’un événement festif. Il s’agissait aussi d’un message lancé à la société : celui de la reconnaissance de tous les métiers, même les plus modestes, comme éléments constitutifs de notre tissu économique et social. À travers cet acte, Bibi Reine nous rappelle que la dignité ne réside pas dans le prestige du poste, mais dans la valeur humaine du travail accompli.
Alors que beaucoup choisissent les salles climatisées pour célébrer la fête du travail, elle a choisi la poussière, le bruit, et l’effort – pour se tenir aux côtés de ceux dont la main soutient silencieusement les fondations de nos marchés.
Qui est Bibi Reine ?
Originaire du Togo, Bibi Reine s’impose progressivement comme l’une des voix féminines les plus prometteuses de la scène musicale togolaise. Dotée d’une voix chaleureuse et d’un charisme naturel, elle mêle habilement rythmes traditionnels, afrobeat et sonorités modernes pour créer une musique à la fois enracinée et universelle. Son engagement artistique ne se limite pas à la scène : à travers ses textes et ses actions, elle célèbre l’identité africaine, valorise les oubliés du quotidien et milite pour une culture plus proche du peuple. Avec authenticité et passion, Bibi Reine réussit à faire de chaque prestation une rencontre humaine, pleine d’émotion et de sens.
