Tandis que les hôtels et auberges sont de plus en plus sensibilisés au renseignement des fiches de police, les maisons meublées, en pleine expansion à Lomé, échappent encore largement à toute forme de contrôle systématique. Ce vide réglementaire et opérationnel représente une véritable brèche dans le dispositif de sécurité nationale.
Souvent exploitées de manière informelle, ces villas et chambres meublées ne sont ni systématiquement recensées, ni tenues de transmettre les identités des personnes qu’elles hébergent. Pourtant, leur usage n’est pas anodin : nombre d’individus y trouvent refuge, loin des regards, et à l’abri de toute traçabilité.
L’exemple le plus marquant reste celui survenu en 2023, lorsqu’un cuisinier togolais, accusé d’avoir dérobé 15 millions de francs CFA à un couple ivoirien, avait été interpellé dans une villa meublée à Lomé où il s’était caché. Ce fait divers, largement relayé à l’époque, démontre avec force, la facilité avec laquelle des personnes en fuite peuvent se fondre dans ces logements discrets, non contrôlés par les autorités.
« Tant que ces maisons meublées ne seront pas intégrées dans le système national de surveillance des hébergements, nous continuerons à courir des risques », estime un citoyen en séjour à Lomé, à qui on a même pas demandé la pièce d’identité lors de son installation dans une chambre meublée de la capitale.
Face à cette réalité, il est devenu impératif que la police nationale :
-Procède à un recensement complet de toutes les maisons meublées en activité dans la capitale et dans les grandes villes du pays ; ceci avec l’appui des mairies et des comités de quartiers et autres CDV et CDQ.
-Sensibilise et responsabilise leurs gérants sur l’obligation de renseigner les fiches de police, au même titre que les hôtels traditionnels ; Ils sont souvent peu informés des implications légales et sécuritaires de leurs activités.
-Mette en place un mécanisme de contrôle régulier, en partenariat avec les autorités locales et les services de sécurité.
Loin d’être une mesure contraignante, cette démarche vise à préserver l’ordre public, prévenir les actes criminels et protéger les honnêtes citoyens. Elle participe également à l’effort national de coproduction de la sécurité, où chaque acteur – professionnel ou particulier – est un maillon essentiel.
En matière de sécurité, le moindre angle mort peut devenir un point d’entrée pour le danger.
