Le Togo veut franchir une nouvelle étape dans la promotion de sa production nationale. Avec la 7ᵉ édition de la Foire Made in Togo (FMIT), organisée du 3 au 12 juillet 2026 au Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF Togo 2000), les autorités affichent une ambition claire : faire passer le « Consommer local » du stade du discours à celui de l’acte d’achat.
Officiellement lancée le 6 juillet par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, en présence de plusieurs membres du gouvernement, d’acteurs économiques et de partenaires institutionnels, cette édition est placée sous le thème : « Transformation locale, un levier pour le développement de l’économie togolaise ».
Pendant dix jours, plus de 212 exposants mettent en lumière le meilleur du savoir-faire national dans des domaines aussi variés que l’agroalimentaire, l’artisanat, le textile, les services, les innovations technologiques, les cosmétiques, les startups ou encore l’industrie légère.

Créer de la richesse au Togo en transformant ce que le pays produit
Pour le gouvernement, cette foire dépasse largement le cadre d’une simple exposition commerciale. Elle s’inscrit dans une vision économique visant à renforcer la souveraineté productive du pays.
Selon le ministre Badanam Patoki, le développement du Togo passe nécessairement par une économie davantage fondée sur la transformation locale des matières premières.
« Transformer ce que nous produisons et consommons, c’est retenir la richesse sur notre sol, garantir des emplois durables à notre jeunesse et affirmer notre souveraineté économique », a-t-il déclaré.
Le ministre a également plaidé pour une rupture avec un modèle économique qui consiste à exporter les matières premières avant d’importer des produits finis à forte valeur ajoutée.
À ses yeux, soutenir les entreprises locales ne relève plus d’un simple patriotisme économique, mais d’une véritable stratégie de développement.
« Consommer local n’est plus une option. C’est une nécessité économique. Ce n’est pas un acte de charité, mais un choix de qualité, de responsabilité et de fierté nationale », a insisté le ministre.
Une foire où le succès se mesurera désormais par les ventes
L’autre innovation majeure de cette édition réside dans la manière dont sera évaluée sa réussite.
Le directeur général du CETEF Togo 2000, Alexandre De Souza, souhaite rompre avec l’habitude consistant à mesurer le succès d’une foire uniquement à travers son affluence.
Cette année, l’objectif est clair : générer des ventes, conclure des partenariats commerciaux et accroître le chiffre d’affaires des entreprises locales.
« Nous ne voulons pas que le public vienne seulement regarder. Nous voulons qu’il achète », a affirmé Alexandre De Souza.
Le responsable invite ainsi chaque visiteur à repartir avec au moins un produit ou un service proposé par les exposants, qu’il s’agisse de riz togolais, de produits transformés, d’articles artisanaux, de cosmétiques, de vêtements ou encore de prestations de services.

Le savoir-faire togolais en pleine démonstration
Les allées de la FMIT 2026 illustrent la diversité et la montée en gamme de la production nationale.
Les visiteurs découvrent aussi bien des produits agricoles transformés que des créations artisanales, des tissus traditionnels, des solutions numériques, des innovations portées par des startups ou encore des ordinateurs assemblés localement, preuve que le tissu industriel togolais poursuit progressivement sa diversification.
Pour les autorités, ces réalisations démontrent que le Togo dispose aujourd’hui d’un potentiel capable de répondre aux attentes des consommateurs tout en créant davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Valoriser le patrimoine culinaire et entrepreneurial
Au-delà des espaces d’exposition, plusieurs activités rythment cette édition 2026.
Des dégustations de mets traditionnels, notamment l’ayimolou et le kpédigaou, des journées thématiques, des rencontres B2B, des portes ouvertes ainsi que des panels consacrés à la transformation locale et au développement industriel figurent au programme.
Ces rendez-vous offrent aux entrepreneurs l’occasion de développer leur réseau, d’échanger leurs expériences et d’explorer de nouvelles opportunités de marché.
Faire du “Made in Togo” un réflexe de consommation
Au fil des éditions, la Foire Made in Togo s’impose comme une plateforme stratégique de promotion des entreprises nationales.
Mais cette année, le message est plus direct que jamais : le véritable soutien aux producteurs togolais ne se limite pas aux discours ou aux visites des stands.
Il se traduit par un acte concret : acheter local.
En encourageant les consommateurs à privilégier les produits conçus, fabriqués ou transformés au Togo, les organisateurs espèrent stimuler la création d’emplois, renforcer les chaînes de valeur locales et accélérer l’industrialisation du pays.
À travers cette 7ᵉ édition, la FMIT entend ainsi démontrer qu’une économie plus forte commence par un choix simple, mais déterminant : faire confiance au savoir-faire togolais.
