Au Togo, les smartphones et les services de paiement mobile facilitent le quotidien des populations. Mais ils sont aussi devenus des outils d’exploitation pour les cybercriminels. Faux agents d’opérateurs téléphoniques, faux transferts Mobile Money, liens frauduleux et usurpations d’identité : les méthodes d’escroquerie se multiplient, exposant les économies et les données personnelles des citoyens.
Le téléphone portable n’est plus seulement un moyen de communication. Il permet aujourd’hui de gérer son argent, ses activités professionnelles et ses relations sociales. Cette place centrale dans la vie quotidienne en fait également une cible privilégiée des cybercriminels.
Au Togo, plusieurs techniques sont utilisées pour piéger les victimes. Certains fraudeurs se présentent comme des agents d’opérateurs téléphoniques et demandent des codes reçus par SMS sous prétexte de réidentification d’une ligne. D’autres prétendent avoir effectué un transfert Mobile Money par erreur et réclament un remboursement. À cela s’ajoutent les faux investissements, les fausses offres d’emploi et les liens frauduleux diffusés sur les réseaux sociaux.
Derrière ces manœuvres se cache un objectif commun : accéder à l’argent, aux comptes ou aux informations personnelles des victimes.
Une menace qui dépasse les frontières
Le phénomène prend une dimension internationale. Dans son évaluation des cybermenaces en Afrique publiée en août 2026, INTERPOL indique que l’intelligence artificielle est associée à 55 % des cybercrimes signalés sur le continent. Les escroqueries en ligne figurent également parmi les formes de criminalité numérique les plus fréquemment rapportées.
Les conséquences dépassent les pertes financières. Un compte WhatsApp piraté peut servir à réclamer de l’argent aux proches de la victime. Des données personnelles peuvent aussi être utilisées pour organiser d’autres fraudes, exercer du chantage ou usurper une identité.
La vigilance, première ligne de défense
Face à ces risques, l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) multiplie les actions de sensibilisation. Sa tournée nationale de septembre 2026 vise notamment à renforcer la culture de la cybersécurité auprès des différentes catégories socioprofessionnelles.
Les citoyens sont invités à adopter des réflexes simples : ne jamais communiquer leurs codes secrets ou codes de validation reçus par SMS, vérifier directement les notifications de transfert, éviter les liens suspects et se méfier des offres trop alléchantes.
En cas d’incident, le Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité, CERT.tg, peut être contacté au 70 54 93 25 ou par courriel à incidents@cert.tg.
La lutte contre la cyberescroquerie exige également une coopération entre les autorités, les services de sécurité, les opérateurs téléphoniques et les institutions financières.
À l’heure où le téléphone concentre une part importante de la vie financière et sociale des citoyens, sa protection devient une véritable question de sécurité des personnes et des biens. Car désormais, un simple appel ou un message frauduleux peut suffire à faire perdre à une personne les économies de plusieurs mois.
Dans le monde numérique, la prudence reste l’une des meilleures protections contre les criminels.
