Le verdict de la Cour royale de Guildford du 30 septembre 2025 résonne comme un avertissement sévère face à la montée des escroqueries sentimentales, ces fraudes numériques qui exploitent la vulnérabilité affective des internautes. Cinq ressortissants ghanéens ont été condamnés à un total de 20 ans de prison pour avoir orchestré une fraude en ligne de plus de 2 millions de livres sterling.
Des cybercriminels organisés autour du « sakawa »
Connue sous le nom de « sakawa » en Afrique de l’Ouest, cette pratique combine cybercriminalité et manipulation émotionnelle. Les condamnés – Fawaz Ali (27 ans), Ebenezer Tackie (42 ans), Michael Quartey (28 ans), Kwabena Edusei (37 ans) et George Melseaux (40 ans) – ont écopé de peines allant de 3 ans et 9 mois à 7 ans et 10 mois de prison.
Selon le Crown Prosecution Service, leurs chefs d’accusation vont du blanchiment d’argent à la fraude organisée, en passant par la détention frauduleuse de documents d’identité.
Une mécanique bien huilée
Le mode opératoire est désormais classique : création de faux profils sur des sites de rencontres, séduction par des messages trompeurs, puis demandes financières sous des prétextes variés (soins médicaux, voyages annulés, amendes fictives).
Les enquêteurs ont identifié 99 victimes potentielles, dont 40 ont subi des pertes avérées. Les fonds collectés étaient ensuite transférés par virements bancaires, envoyés en liquide ou blanchis via divers stratagèmes.
Un enjeu sécuritaire mondial
Au-delà de la répression judiciaire, cette affaire illustre l’ampleur transnationale de la cybercriminalité. Les « romance scams » ne connaissent pas de frontières et s’appuient sur la porosité des plateformes numériques.
Pour les experts en sécurité, ce jugement met en lumière la nécessité de :
-renforcer la coopération internationale en matière d’enquêtes cyber ;
-intensifier les campagnes de sensibilisation pour prévenir les arnaques en ligne ;
-doter les forces de l’ordre d’outils plus performants pour détecter et neutraliser ces réseaux.
Une menace persistante
Le cas des cinq Ghanéens confirme que la cyberfraude affective n’est pas un phénomène isolé mais une industrie criminelle organisée, qui s’appuie sur la psychologie des victimes et le manque de vigilance numérique.
Le jugement de Guildford, au-delà des condamnations individuelles, sonne donc comme un appel à une mobilisation collective contre la cybercriminalité transfrontalière.
