Lomé s’apprête à devenir, les 13 et 14 octobre prochains, le centre d’un rendez-vous stratégique majeur dans la guerre contre le terrorisme. À l’initiative de la Coalition Islamique Militaire de Lutte contre le Terrorisme (CIMCT), plus de quarante pays membres, aux côtés des autorités togolaises et de plusieurs organisations régionales, se retrouveront dans la capitale pour deux jours de concertation et de planification.
Cette rencontre, qui réunira le chef d’État-major général des Forces armées togolaises et ses homologues internationaux, ainsi que le général de division Mohammed bin Saeed Al-Moghedi, secrétaire général de la CIMCT, intervient dans un contexte où les menaces jihadistes ne cessent de se rapprocher des côtes ouest-africaines. Le Sahel est désormais l’épicentre d’une insurrection meurtrière, menée par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, qui multiplient attaques, enrôlements forcés et expansion territoriale. Le Togo, jusque-là épargné, a lui-même été frappé à partir de 2021 dans sa région septentrionale des Savanes.
Un appui militaire et technologique pour les pays côtiers
La CIMCT entend répondre par une approche globale : renforcer les capacités opérationnelles, appuyer la formation des forces spéciales, améliorer la coopération des services de renseignement, et doter les pays membres d’outils modernes adaptés à la guerre asymétrique — drones, véhicules blindés, systèmes de surveillance et communications sécurisées. Les ateliers prévus à Lomé mettront également l’accent sur la gestion des frontières, la lutte contre le financement du terrorisme et la prévention de la radicalisation, avec une implication attendue de la société civile et des institutions régionales (CEDEAO, UEMOA, Initiative d’Accra).
Le Togo, pivot sécuritaire du Golfe de Guinée
En accueillant cet événement d’envergure, le Togo confirme sa volonté de se positionner comme un pivot sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Depuis 2022, Lomé abrite déjà le Centre de coordination régional de l’Initiative d’Accra, plateforme de partage de renseignements. Sous l’impulsion du président Faure Essozimna Gnassingbé, le pays a accru son dispositif militaire au nord, multiplié les accords de coopération avec des partenaires comme la France, les États-Unis, Israël ou encore la Turquie, et instauré des zones de sécurité pour protéger ses populations.
Ce rendez-vous d’octobre sera donc bien plus qu’une simple conférence : il marquera une nouvelle étape dans l’intégration du Togo dans les grandes dynamiques internationales de lutte contre le terrorisme. Les conclusions attendues, notamment un plan d’action conjoint assorti d’engagements financiers et logistiques, pourraient redessiner l’équilibre sécuritaire régional et confirmer Lomé comme un point d’ancrage incontournable face à la menace jihadiste.