Accusé d’avoir abusé de ses fonctions à des fins personnelles, l’ex-grand argentier du Ghana est désormais officiellement recherché à l’international.
Le Bureau du procureur spécial du Ghana a annoncé ce vendredi 7 juin qu’Interpol a émis une notice rouge à l’encontre de l’ancien ministre des Finances, Ken Ofori-Atta. L’homme fort de l’économie sous les deux mandats de Nana Akufo-Addo (2017-2024) est soupçonné de s’être soustrait à la justice de son pays, alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour « utilisation abusive de sa fonction publique à des fins personnelles ».
Selon les autorités judiciaires, Ken Ofori-Atta, âgé de 65 ans, se trouve actuellement à l’étranger et refuse de répondre à ses convocations. Son absence persistante a motivé l’émission de cette notice rouge par Interpol, qui invite désormais les pays membres à procéder à son arrestation en vue d’une éventuelle extradition. Il est important de noter que cette mesure n’équivaut pas à un mandat d’arrêt international automatique, mais constitue une alerte de haut niveau adressée aux États partenaires.
Durant ses sept années passées à la tête du ministère des Finances, Ken Ofori-Atta aurait causé d’importantes pertes financières à l’État, bien que les détails des accusations précises n’aient pas encore été rendus publics. Son passage au gouvernement avait pourtant été marqué par des promesses de rigueur budgétaire, dans un contexte économique particulièrement tendu.
Ce développement intervient alors que le nouveau président, John Dramani Mahama, fraîchement revenu au pouvoir, tente de faire de la lutte contre la corruption un pilier de son second mandat. En janvier dernier, il a lancé l’« Opération Récupérer Tous les Biens », une vaste offensive contre le détournement de ressources publiques. Les premières enquêtes menées par cette force spéciale ont déjà recensé plus de 20 milliards de dollars de pertes présumées.
Mais cette initiative anticorruption ne fait pas l’unanimité. Le président Mahama est critiqué pour avoir suspendu certaines procédures visant des personnalités proches de son entourage, ce qui soulève des interrogations sur l’impartialité réelle de sa croisade.
L’affaire Ofori-Atta pourrait bien devenir le test emblématique de cette nouvelle ère de reddition des comptes au Ghana. Reste à savoir si la traque internationale aboutira – et si elle marquera un tournant ou un nouvel épisode dans la saga complexe de la gouvernance en Afrique de l’Ouest.
