Face aux risques de débordements, aux menaces de pillages et aux tensions liées aux rassemblements annoncés, la France déploie un dispositif sécuritaire exceptionnel les 24 et 25 octobre 2026. Au total, 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés, avec le renfort des unités d’élite et des militaires de l’opération Sentinelle.
La France renforce son dispositif de sécurité pour le week-end des 24 et 25 octobre 2026. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure vise à prévenir les violences, encadrer les manifestations et empêcher d’éventuelles opérations de pillage.
Le dispositif repose sur la mobilisation de plusieurs unités spécialisées dans le maintien de l’ordre et l’intervention. Les compagnies républicaines de sécurité (CRS), les escadrons de gendarmerie mobile ainsi que les compagnies de sécurisation et d’intervention seront notamment engagés sur le terrain.
À Paris, les compagnies d’intervention de la préfecture de police et les brigades de répression de l’action violente motocycliste (BRAV-M) viendront renforcer les capacités opérationnelles. Les brigades anticriminalité (BAC) et les unités équestres pourront également être mobilisées selon les besoins.
Le RAID, le GIGN et la BRI en renfort
Les unités d’élite de la police et de la gendarmerie figurent également parmi les moyens engagés. Le RAID, le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) et la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) pourront intervenir dans le cadre de missions spécifiques.
Leur présence répond à un objectif précis : renforcer les capacités d’intervention face aux menaces les plus graves et permettre aux unités spécialisées dans le maintien de l’ordre de se concentrer sur leurs missions principales.
Le ministre de l’Intérieur a toutefois rappelé que ces unités d’élite n’ont pas vocation à assurer le maintien de l’ordre. Leur intervention doit permettre de suppléer les forces de sécurité intérieure lorsque des missions particulières nécessitent leurs compétences.
L’armée mobilisée pour sécuriser les sites sensibles
Les militaires de l’opération Sentinelle participeront également au dispositif. Leur mission consistera notamment à effectuer des patrouilles et à assurer la surveillance statique de sites sensibles, notamment dans les gares et les aéroports.
Cette contribution vise à soulager les policiers et les gendarmes, qui pourront ainsi concentrer davantage leurs effectifs sur la prévention des violences et la sécurisation des manifestations.
Le format habituel de l’opération Sentinelle est d’environ 7 000 militaires déployés sur le territoire français. Ce nombre peut être porté à 10 000 en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire.
Sur le plan matériel, le dispositif prévoit également le déploiement d’une vingtaine de véhicules blindés Centaure, de 15 lanceurs d’eau et de moyens aériens, notamment des hélicoptères.
Orléans sous haute surveillance
Si Paris demeure un point important du dispositif, la ville d’Orléans fera l’objet d’une attention particulière. Elle accueille ce week-end le congrès du Rassemblement national (RN), qui marque le lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
Environ 5 000 participants sont attendus samedi. Ce nombre pourrait atteindre 10 000 dimanche, selon les estimations présentées dans le texte de référence.
En parallèle, une manifestation d’opposants pourrait réunir entre 20 000 et 30 000 personnes, parmi lesquelles 2 000 à 3 000 militants radicaux, selon les autorités.
Face à ces risques de confrontation, le préfet du Loiret, Hugues Moutouh, a annoncé un dispositif exceptionnel comprenant une quinzaine d’unités de forces mobiles. Près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires doivent ainsi être mobilisés durant le week-end.
La présence annoncée de responsables politiques et syndicaux dans un village antifasciste ajoute un enjeu politique à cette séquence.
Un week-end sous haute vigilance
Avec 70 000 policiers et gendarmes, l’appui des unités spécialisées et la participation des militaires de Sentinelle, les autorités françaises entendent prévenir les débordements dans un contexte de fortes tensions.
L’enjeu sera de sécuriser les rassemblements autorisés, de prévenir les violences et de protéger les personnes ainsi que les infrastructures sensibles, tout en maintenant une distinction claire entre les missions de maintien de l’ordre et celles relevant des unités d’intervention spécialisées.
La capacité des forces de sécurité à anticiper les incidents et à adapter leur présence sur le terrain sera déterminante au cours de ce week-end particulièrement sensible.
