Le destin de Dosseh KOULEKPATO, un jeune étudiant togolais, illustre tragiquement les dangers auxquels sont confrontés certains étudiants africains en Russie. Parti pour poursuivre ses études, il se retrouve enrôlé de force dans l’armée russe et capturé en Ukraine, mettant en lumière les risques accrus pour les étudiants étrangers dans le contexte du conflit russo-ukrainien. Dosseh était inscrit dans une université russe. Comme beaucoup de jeunes Africains, il avait choisi la Russie pour son coût relativement bas et les bourses souvent proposées. Mais ce rêve universitaire s’est transformé en cauchemar. Il témoigne avoir été contraint à intégrer l’armée, dans un contexte de guerre, sans possibilité de retour. Capturé en Ukraine, son sort dépend désormais de tractations diplomatiques.
Un parcours académique transformé en cauchemar
Originaire du Togo, Dosseh s’était rendu en Russie avec l’espoir d’obtenir un diplôme universitaire. Cependant, son séjour a rapidement tourné au drame. Selon son témoignage, il a été contraint de rejoindre les rangs de l’armée russe, une situation qui l’a mené sur le front ukrainien où il a été fait prisonnier. Son récit, diffusé par plusieurs médias , met en lumière les violations des droits des étudiants étrangers en Russie.
Le racisme et la discrimination : une réalité persistante
Au-delà de l’enrôlement forcé, Dosseh évoque également le racisme quotidien auquel il a été confronté. Des moqueries, des insultes et des agressions verbales sont monnaie courante pour de nombreux étudiants africains en Russie. Des incidents similaires ont été rapportés par d’autres étudiants africains, soulignant un climat de discrimination généralisée. Par exemple, des vidéos ont circulé montrant des étudiants africains se faire traiter de « singes » et se voir jeter des bananes, illustrant la gravité du racisme en Russie.
Un appel à la vigilance et à la protection des étudiants
Le cas de Dosseh n’est malheureusement pas isolé. De nombreux étudiants africains en Russie témoignent de conditions de vie difficiles, marquées par la discrimination, la précarité et, dans certains cas, des pressions pour participer à des activités militaires. Les autorités togolaises et africaines sont appelées à renforcer la protection de leurs ressortissants à l’étranger et à sensibiliser les futurs étudiants aux réalités du pays d’accueil.
L’implication nécessaire des autorités togolaises
Cette situation dramatique appelle à une réponse forte et structurée du gouvernement togolais, notamment à travers deux ministères clés :
🔹 Le ministère des Affaires étrangères
– Il est le principal acteur diplomatique pouvant intervenir dans ce genre de cas.
– Il doit exiger des explications des autorités russes via l’ambassade du Togo ou les canaux diplomatiques multilatéraux.
– En collaboration avec les ONG ou partenaires internationaux, il peut œuvrer à la libération de l’étudiant et assurer sa protection consulaire.
– Il a également un devoir d’alerte, pour prévenir d’autres cas semblables.
🔹 Le ministère de l’Enseignement supérieur
– Il lui revient de mieux encadrer les départs à l’étranger à des fins académiques.
– Il doit mettre en place des mécanismes de suivi des étudiants togolais, notamment dans les pays à risque.
– Ce ministère peut aussi instaurer des accords bilatéraux plus rigoureux pour garantir la sécurité des boursiers et des étudiants privés à l’étranger.
– Enfin, il est essentiel qu’il travaille à développer l’offre universitaire locale, afin de limiter les départs précipités vers des destinations peu sûres.
Une alerte pour toute la jeunesse africaine
Au-delà du Togo, l’histoire de Dosseh interpelle toute l’Afrique. Elle révèle les conséquences dramatiques possibles quand des jeunes partent dans des pays peu régulés, sans filets diplomatiques solides. Le racisme, les pressions économiques, voire les menaces militaires sont des réalités encore méconnues. Ce drame doit enfin devenir le point de départ d’une réforme en profondeur de notre diplomatie éducative.
