La région des Savanes, déjà éprouvée par de multiples incursions armées ces dernières années, a de nouveau été frappée par la violence. Le week-end du 13 au 14 septembre 2025, deux attaques distinctes dans la préfecture de Kpendjal-Ouest ont coûté la vie à cinq personnes et semé la désolation dans les villages de Kouampante et Tolonli, situés à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Dapaong.
Kouampante de nouveau visé
Dans la nuit de samedi à dimanche, des hommes armés non identifiés ont fait irruption à Kouampante, un village frontalier régulièrement ciblé par les groupes terroristes. Plusieurs concessions ont été incendiées et d’importants dégâts matériels constatés. Les assaillants, comme à leur habitude, se sont repliés de l’autre côté de la frontière après leur attaque.
Ce n’est pas la première fois que Kouampante subit la furie des groupes armés : une semaine plus tôt, le même village avait déjà enregistré une incursion, marquée par le vol de bétail. Pour renforcer la sécurité, l’armée togolaise y a récemment installé une base militaire, en appui à celle de Gbamonte, située non loin. Mais la répétition des attaques montre à quel point la zone reste vulnérable.
Un drame à Tolonli
Au petit matin du dimanche 14 septembre, la tragédie s’est déplacée vers Tolonli, un autre village de la préfecture. Une famille de réfugiés burkinabè, qui avait fui la pression des groupes armés dans son pays avant de s’installer à Tikoutiga, puis récemment à Tolonli, a péri dans l’explosion d’un engin explosif improvisé.
Le père, son épouse et leurs trois enfants, en route pour les champs à bord d’une charrette tirée par un âne, ont perdu la vie lorsque leur véhicule a heurté une mine artisanale. Un drame qui illustre la stratégie des groupes armés dans cette région frontalière : alterner entre attaques directes contre les villages et usage d’engins explosifs sur les axes ruraux, piégeant les routes empruntées quotidiennement par les habitants.
Selon des sources locales, l’armée procède chaque matin à une reconnaissance des principaux axes avant de permettre la circulation. Mais le risque demeure permanent, et chaque déplacement devient une source d’angoisse pour les populations.
Une accalmie brisée
Ces attaques surviennent alors que de nombreux habitants croyaient à une certaine accalmie, après plusieurs semaines de calme relatif. Elles rappellent avec brutalité que la menace sécuritaire reste aiguë dans les localités frontalières du nord-Togo.
Dans les villages de Papri, Kouampante, Tolonli et alentours, la peur est désormais quotidienne. Entre le besoin de travailler leurs champs pour nourrir leurs familles et la crainte des violences soudaines, les habitants vivent dans une tension permanente.
La double attaque du week-end vient ainsi confirmer que, malgré la présence accrue de l’armée et les efforts de sécurisation, la lutte contre les groupes armés reste un défi de longue haleine dans la région des Savanes.
