Une attaque d’une rare audace a frappé la zone industrielle d’Allou Kagne dans la nuit de dimanche à lundi. Environ vingt hommes cagoulés, lourdement armés de fusils de chasse, pistolets, machettes et couteaux, ont pris d’assaut successivement les usines CIMAF (ciment) et CBMI, une entreprise à capitaux chinois opérant dans la construction. Le commando est reparti avec 50 millions de francs CFA, après avoir neutralisé les équipes de sécurité.
Selon des sources locales et des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont d’abord ciblé l’usine CIMAF, pénétrant dans l’enceinte après avoir ligoté les vigiles et grièvement blessé le chef de poste. Pendant près d’une heure, ils ont fouillé méthodiquement les bureaux à la recherche de liquidités. N’ayant rien trouvé, ils ont décidé de frapper un second site.
Le groupe s’est ensuite dirigé vers l’usine CBMI, où réside une partie du personnel chinois. Là encore, ils ont neutralisé les gardiens et fouillé les logements du personnel. C’est dans le bureau du responsable de chantier qu’ils découvrent un coffre-fort contenant 50 millions FCFA, qu’ils emportent avant de disparaître dans l’obscurité, laissant derrière eux un personnel profondément choqué et des vigiles toujours entravés.
Alertée, la gendarmerie de Pout est rapidement intervenue et a sécurisé les lieux avant d’ouvrir une enquête. Les premières constatations laissent penser à une opération soigneusement planifiée, menée par un groupe organisé connaissant bien la structure des sites.
Un signal d’alarme sur la sécurité des sites industriels
Cet assaut soulève de graves interrogations sur la protection des infrastructures stratégiques au Sénégal. Les zones industrielles, souvent faiblement gardées la nuit, deviennent des cibles de choix pour des groupes criminels structurés.
Face à ce choc sécuritaire, les autorités locales et les responsables des sociétés concernées pourraient renforcer leurs dispositifs, notamment en matière de vidéosurveillance, de gardiennage armé et de coordination avec les forces de défense.
L’enquête en cours devra déterminer l’origine des assaillants, leur itinéraire d’évasion et d’éventuelles complicités internes.
