Au Togo, l’année 2025 a été marquée par des avancées notables dans la prévention des risques liés aux produits chimiques et dans la sensibilisation des populations. Ces progrès ressortent du rapport annuel de l’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques (ANIAC), présenté à la fin de l’année.
Selon ce document, l’institution a exécuté 15 des 17 activités prévues dans son Plan de travail et budget annuel, soit un taux de réalisation de 88,24 %. Une performance jugée satisfaisante dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants.
Renforcement des capacités et sensibilisation des acteurs clés
Les actions menées en 2025 ont principalement porté sur le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la manipulation des produits chimiques, notamment dans les secteurs industriel et logistique.
L’ANIAC a également intensifié ses campagnes de sensibilisation auprès des populations, afin de réduire les risques liés à une mauvaise utilisation ou à un stockage inadéquat des substances dangereuses.
Un guide d’identification des produits chimiques a été élaboré et mis à la disposition des inspecteurs nationaux. Cet outil vise à améliorer la reconnaissance, la classification et la gestion des produits chimiques sensibles sur le territoire national.
Des inspections dans le secteur industriel
Dans le cadre de ses missions de contrôle, l’ANIAC a effectué des visites d’inspection dans six sociétés industrielles. À cette occasion, 80 employés ont été formés aux bonnes pratiques de stockage, de manipulation et de sécurisation des substances chimiques dangereuses.
Par ailleurs, le site de traitement et de neutralisation des produits chimiques d’Ahodomon, situé à Atakpamé, a fait l’objet d’une inspection approfondie. L’objectif était de s’assurer du respect strict des normes de sécurité et de prévention des accidents industriels.
La région des Savanes au cœur des priorités en 2026
Pour l’année 2026, l’ANIAC prévoit de renforcer ses interventions auprès des populations à la base, avec une attention particulière accordée à la région des Savanes, exposée à des risques sécuritaires spécifiques.
Selon le premier vice-président de l’ANIAC, Koriko Moursalou, la menace est réelle :
« Les produits chimiques sont souvent utilisés par des terroristes comme des armes dans leurs sales besognes. C’est pourquoi des formations sur l’identification et la détection de ces substances sont prévues pour cette région. »
Ces formations visent à permettre aux communautés locales, aux forces de sécurité et aux acteurs civils d’identifier rapidement des substances suspectes et d’alerter les autorités compétentes.
Un engagement conforme aux normes internationales
Créée en 2015, l’ANIAC a pour mission principale d’assister le gouvernement togolais dans la mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, ainsi que dans l’élaboration de la politique nationale de prévention et de destruction de ces armes.
Il convient de rappeler que le Togo ne produit ni ne stocke d’armes chimiques, mais reste engagé dans une politique proactive de prévention face aux risques d’utilisation détournée de produits chimiques à des fins criminelles ou terroristes.
Sécurité chimique : un enjeu stratégique pour la stabilité nationale
Dans un environnement régional marqué par la montée des menaces asymétriques, la sécurité chimique apparaît comme un enjeu stratégique pour la stabilité du pays. Les actions menées par l’ANIAC en 2025 traduisent la volonté des autorités togolaises de prévenir plutôt que subir, en renforçant la vigilance, la formation et la coopération entre les acteurs concernés.
