La Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) du Mali a procédé, le lundi 27 octobre 2025, au lancement officiel du nouveau passeport biométrique E-AES, lors d’une cérémonie tenue au Centre de Traitement des Passeports de Bamako.
L’événement s’est déroulé en présence du ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Général de Division Daoud Aly MOHAMMEDINE, marquant une étape importante dans la modernisation de la gouvernance administrative et la consolidation de la souveraineté nationale.
Ce passeport de nouvelle génération, conforme aux normes de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), intègre une puce électronique sécurisée contenant les données biométriques du titulaire (empreintes digitales et photographie).
Il s’agit d’un document robuste, en polycarbonate, doté de plus de 50 points de sécurité invisibles à l’œil nu, rendant toute falsification quasi impossible.
Un changement stratégique de partenaire technique
Ce lancement symbolise également un tournant stratégique.
La production, autrefois assurée par la société française Idemia, est désormais confiée au groupe chinois Emptech, un acteur reconnu dans le domaine des solutions d’identité électronique.
Ce choix traduit la volonté du Mali de renforcer sa souveraineté technologique et d’assurer une meilleure maîtrise nationale des données sensibles.
Le Directeur Général de SECUPASS Mali, Souleymane Traoré, partenaire technique du projet, a salué cette vision d’avenir :
« Ce projet est une fierté nationale. Nous nous engageons à garantir les plus hauts standards de sécurité et de qualité. »
Sécurité, fiabilité et fluidité des démarches
Selon le ministre Daoud Aly MOHAMMEDINE, ce nouveau document de voyage vise à « sécuriser davantage les déplacements internationaux tout en simplifiant les démarches administratives ».
La capacité de production annoncée est de 450 à 500 passeports par jour et par imprimante, une performance qui permettra de réduire considérablement les délais de délivrance.
Les anciens passeports resteront valides jusqu’à leur expiration, mais toute nouvelle demande ou renouvellement donnera lieu à la délivrance du nouveau modèle E-AES.
Le ministre a également appelé à la compréhension des usagers face à d’éventuels ajustements techniques lors de la phase initiale de production.
Un instrument d’intégration régionale : l’esprit de l’Alliance AES
Au-delà de la dimension nationale, le passeport biométrique E-AES s’inscrit dans la feuille de route de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Il représente un symbole fort d’intégration régionale, facilitant la mobilité et la coopération sécuritaire entre les États membres.
L’objectif est clair : renforcer la libre circulation, mutualiser les infrastructures d’identité et affirmer la solidarité souveraine du bloc AES face aux enjeux de sécurité et de gouvernance numérique.
Perspectives : vers une généralisation mondiale
Le ministre de la Sécurité a annoncé que la production et la délivrance du e-passeport AES seront bientôt étendues aux missions diplomatiques et consulaires du Mali à travers le monde.
Cette extension permettra aux citoyens maliens de demander ou renouveler leur passeport depuis l’étranger, dans les mêmes conditions de sécurité et de fiabilité.
Pour Hamsatou Maïga, l’une des premières bénéficiaires du document, ce nouveau passeport « facilite les démarches et valorise l’image du Mali à l’international ».
Le passeport biométrique E-AES du Mali est bien plus qu’un simple document administratif :
il est le symbole d’un État souverain, moderne et tourné vers l’avenir, prêt à relever les défis de la sécurité numérique et de l’intégration régionale.
