Lomé a accueilli, les 14 et 15 avril, à l’hôtel Sarakawa, la 4ᵉ édition du colloque régional sur le cadre légal de résistance et de résilience des populations face au terrorisme et à la criminalité transfrontalière. Initiée par la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) et le Groupe de Recherche des Stratégiestes de Côte d’Ivoire (GRESCI), cette rencontre de haut niveau s’est tenue en présence de plusieurs autorités togolaises, notamment le president de la CNDH, le ministre délégué chargé du développement local, le représentant du ministre de la Sécurité publique, ainsi que la Directrice du Bureau Etat de droit en Afrique subsaharienne du KAS , Dr Stefanie ROTHENBERGER et le Secrétaire Général du GRESCI, Dr Arthur Banga.

Lomé au cœur de la réflexion sécuritaire régionale
Durant deux jours, des chercheurs, experts et acteurs venus de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Tchad, du Burkina Faso, du Mali, du Niger, dd la Mauritanie et du Togo ont échangé sur les réponses à apporter aux menaces sécuritaires qui fragilisent l’Afrique de l’Ouest.
Organisée dans un contexte marqué par la montée des violences terroristes et l’intensification des trafics illicites, cette 4ᵉ édition du colloque KAS-GRESCI a eu pour thème » Cadre légal de résistance et de resilience des populations face au terrorisme et aux criminalités transfrontalières en Afrique de l’Ouest: entre rrspect des normes contemporaines et pratiques traditionnelles ». Il s’inscrit dans une dynamique de production intellectuelle orientée vers l’action.
À l’ouverture des travaux, les intervenants ont insisté sur le rôle stratégique de la recherche dans l’élaboration de politiques publiques efficaces. Il a notamment été souligné la nécessité pour les chercheurs de produire des analyses à la fois rigoureuses et directement exploitables par les décideurs.
Des cadres juridiques à renforcer face à des menaces hybrides
Les différentes communications ont mis en évidence la complexité croissante des défis sécuritaires dans la région. Terrorisme, criminalité transfrontalière et économies illicites apparaissent désormais étroitement imbriqués, imposant des réponses globales et coordonnées.
Les participants ont ainsi relevé plusieurs priorités : l’harmonisation des cadres juridiques au niveau régional ; le renforcement de la coopération judiciaire et sécuritaire et l’intégration des mécanismes communautaires de résilience dans les stratégies nationales.
Un accent particulier a été mis sur le rôle des populations locales, considérées comme des acteurs clés dans la prévention et la gestion des crises sécuritaires.

Un message fort à la clôture : dépasser les réponses strictement militaires
Dans son discours de clôture, le Commissaire Achille Tchendo, représentant du ministre de la Sécurité publique du Togo a insisté sur un point central : les défis sécuritaires actuels ne peuvent être résolus par des réponses exclusivement militaires.
Il a notamment souligné la nécessité d’une approche intégrée combinant : action sécuritaire, gouvernance inclusive, développement économique et respect des droits humains.
Cette orientation stratégique traduit une évolution des paradigmes sécuritaires en Afrique de l’Ouest, désormais davantage centrés sur la résilience des populations et la prévention des crises.
Des recommandations attendues pour orienter les politiques publiques
Les travaux ont débouché sur une série de recommandations jugées pragmatiques et adaptées aux réalités du terrain. Celles-ci devraient servir de base aux décideurs publics et aux institutions régionales pour renforcer les politiques de sécurité.
Dans cette perspective, les organisateurs ont annoncé la publication prochaine d’un ouvrage collectif regroupant les meilleures contributions issues des quatre éditions du colloque, confirmant ainsi leur volonté de capitaliser les acquis et d’inscrire cette initiative dans la durée.
Vers une consolidation de la coopération régionale
Au-delà des échanges académiques, cette rencontre a permis de renforcer les synergies entre experts, institutions et acteurs de terrain. Une dynamique essentielle pour faire face à des menaces transnationales qui exigent des réponses coordonnées.
Cette 4ᵉ édition du colloque KAS-GRESCI confirme ainsi le rôle croissant de Lomé comme plateforme de dialogue stratégique sur les enjeux de sécurité en Afrique de l’Ouest.
