Depuis le 6 novembre 2025, un réseau de comptes actifs, réputés proches de l’AES, a lancé une campagne numérique visant à propager de fausses informations sur l’un des officiers les plus importants du dispositif sécuritaire ivoirien, le général de brigade Chérif Ousmane, chef d’état-major de l’armée de terre. Ces contenus manipulés, diffusés massivement sur les réseaux sociaux, prétendaient que l’officier aurait « disparu » ou serait « décédé dans un crash d’hélicoptère ».
Cette campagne s’appuyait sur un faux communiqué, attribué frauduleusement à l’État-major général des armées. Ce document, circulant sous le logo falsifié des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), mentionnait une prétendue « absence » du général et l’ouverture d’une enquête interne, allant jusqu’à usurper la signature du chef d’état-major général des armées.
Une stratégie de manipulation bien orchestrée
La diffusion du faux communiqué a été rapidement amplifiée par des pages se présentant comme « médias panafricanistes », qui ont multiplié analyses approximatives, insinuations et récits sensationnalistes. Des titres alarmistes et non vérifiés ont alimenté la confusion, évoquant un crash d’hélicoptère, un empoisonnement ou une opération clandestine.
Cette vague de désinformation s’est appuyée sur un incident réel survenu le 27 octobre 2025 : un hélicoptère MI-24D de l’armée ivoirienne avait connu une panne technique à Korhogo avant d’effectuer un posé d’urgence, sans aucune victime. Les auteurs de la rumeur se sont servis de cet événement authentique pour crédibiliser leurs manipulations.
Réaction immédiate des autorités ivoiriennes
L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI-CI) a réagi promptement le 8 novembre, démentant catégoriquement l’existence du communiqué et dénonçant une attaque informationnelle délibérée.
L’ANSSI-CI a rappelé que :
« Le document diffusé est un faux communiqué, fabriqué dans l’intention de tromper l’opinion publique et de semer la confusion au sein des forces armées. »
L’armée ivoirienne, à travers ses services officiels, a réaffirmé que le général Chérif Ousmane n’était impliqué dans aucun accident et que toutes les unités étaient pleinement opérationnelles.
Un officier au cœur du dispositif sécuritaire
Chef d’état-major de l’armée de terre depuis décembre 2023, le général Chérif Ousmane occupe une place stratégique dans l’architecture sécuritaire ivoirienne. Ancien commandant de zone intégré dans la hiérarchie après la crise postélectorale de 2010-2011, il est considéré comme un acteur clé du maintien de la stabilité nationale, notamment face à la menace terroriste dans le nord du pays.
Cette stature en fait une cible privilégiée pour des acteurs cherchant à fragiliser l’armée ivoirienne et à saper la confiance entre les citoyens et leurs institutions militaires.
Une opération de déstabilisation dans un contexte sous-régional tendu
Selon plusieurs analystes sécuritaires, cette campagne de désinformation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir la position de la Côte d’Ivoire dans la région et à dégrader son image auprès de l’opinion. Depuis plusieurs mois, certains comptes jugés proches de l’AES accusent régulièrement Abidjan d’être alignée sur les intérêts occidentaux et de collaborer étroitement avec la France dans la lutte antiterroriste.
Dans ce contexte, manipuler des informations concernant un haut gradé constitue une tentative de frapper au cœur du système de commandement, de créer un climat de suspicion et de fragiliser l’autorité militaire.
Un enjeu de sécurité nationale
La gestion rapide de cette fausse information par l’armée et l’ANSSI-CI montre la prise de conscience croissante du risque représenté par les cyberopérations hostiles et les campagnes de manipulation. La Côte d’Ivoire, confrontée à la menace terroriste à ses frontières, ne peut se permettre de voir son appareil militaire fragilisé par des offensives numériques.
Cette affaire met en évidence la nécessité de renforcer : la cybersécurité nationale, la vigilance des utilisateurs, la lutte contre les fake news, la communication institutionnelle proactive, la détection et la neutralisation des contenus malveillants.
La tentative de désinformation visant le général Chérif Ousmane constitue un signal d’alerte. Les menaces modernes ne passent plus uniquement par les armes : elles transitent désormais par les plateformes numériques, capables d’influencer les perceptions et d’ébranler la cohésion interne des forces armées.
Face à ces attaques, la réaction coordonnée de l’armée ivoirienne et de l’ANSSI-CI démontre une capacité à protéger l’intégrité de l’institution militaire et à préserver la stabilité du pays.
