La coopération sécuritaire au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) a été au cœur de la visite d’amitié et de travail effectuée ce 30 septembre par le Président du Niger, le Général Abdourahamane Tiani, auprès de son homologue malien, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président en exercice de la Confédération.
Accueilli à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou par son hôte, le chef de l’État nigérien a pris part à un entretien en tête-à-tête au Palais de Koulouba, suivi d’une séance élargie aux délégations des deux pays. Cette rencontre illustre la dynamique politique et stratégique qui guide désormais les relations entre Bamako et Niamey, dans un cadre élargi à l’ensemble de l’espace sahélien.

La sécurité, socle de la Confédération
L’un des points phares de cette visite a porté sur l’opérationnalisation de la force conjointe de l’AES, dont l’état-major est basé à Niamey. Selon le Président Tiani, des bataillons sont déjà actifs dans le cadre d’opérations bilatérales et multilatérales, symbolisant la concrétisation d’un outil militaire commun destiné à répondre aux menaces transfrontalières.
Cette architecture sécuritaire, appuyée par les ministres de la Défense des deux pays – le Général Salifou Mody pour le Niger et le Général Sadio Camara pour le Mali – traduit la volonté des États membres d’assumer leur propre défense, en rupture avec les modèles antérieurs de dépendance sécuritaire.
Diplomatie et développement : les autres leviers stratégiques
Au-delà du pilier sécuritaire, les deux dirigeants ont salué les avancées diplomatiques de la Confédération. L’AES parle désormais d’une seule voix sur la scène internationale, renforçant la crédibilité et la visibilité de l’axe Bamako–Ouagadougou–Niamey.
Sur le terrain économique, les préparatifs de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement sont achevés, avec une officialisation attendue prochainement à Bamako. Un instrument qui devrait soutenir les efforts de résilience et de prospérité partagée dans une région longtemps fragilisée par les crises.
Une solidarité née dans l’épreuve
Le Président Tiani a rappelé le rôle central de la solidarité entre les trois pays fondateurs de l’AES, en particulier lors de la tentative d’isolement du Niger en 2023. Cette épreuve, selon lui, a renforcé une unité désormais structurée autour de la souveraineté et de la dignité des peuples sahéliens.
« Nous vivons une révolution conduite par nos peuples eux-mêmes », a-t-il déclaré, insistant sur la convergence nécessaire des sociétés sahéliennes autour d’un projet politique et sécuritaire inédit.
Un message clair : souveraineté et résilience
Cette visite de haut niveau consacre la volonté commune du Mali et du Niger de consolider les acquis de la Confédération des États du Sahel. Elle envoie également un signal fort : face aux menaces sécuritaires persistantes et aux défis socio-économiques, les États sahéliens misent sur leur propre résilience et sur une intégration renforcée.
