La sécurité d’un événement ne commence pas uniquement aux portes d’entrée. Elle commence aussi par l’information du public.
Concerts, festivals, spectacles, foires commerciales, compétitions sportives ou grands rassemblements culturels : chaque année, de nombreux événements drainent des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes. Si les organisateurs investissent dans les dispositifs de sécurité, la mobilisation des agents et les contrôles à l’entrée, un aspect mérite encore davantage d’attention : l’information préalable du public sur les objets dont l’introduction sur le site est interdite.
Une pratique simple, mais essentielle, gagnerait à devenir systématique : la conception et la diffusion d’affiches indiquant clairement les objets interdits à l’intérieur des espaces accueillant le public.
Informer avant l’événement pour éviter les mauvaises surprises
En présentant sur une affiche, visuellement les objets interdits, notamment les couteaux, les ciseaux, les boîtes de conserve, les bouteilles cassables, les liquides inflammables et les armes, les organisateurs donnent aux spectateurs des indications précieuses avant même leur déplacement.
Cette communication permet à chacun de prendre ses dispositions et d’éviter les désagréments au moment des contrôles.
En effet, combien de spectateurs arrivent-ils parfois aux entrées d’un événement avec des objets qu’ils ignorent être interdits ? Résultat : des discussions avec les agents de sécurité, des retards, des objets abandonnés ou confisqués et, dans certains cas, des tensions inutiles.
Pourtant, une simple affiche largement diffusée en amont pourrait contribuer à prévenir une bonne partie de ces situations.
Une responsabilité qui incombe aussi aux organisateurs
La sécurisation d’un événement ne relève pas exclusivement des forces de sécurité ou des sociétés privées chargées du contrôle des accès. Elle repose également sur l’anticipation et la responsabilité des promoteurs et organisateurs.
Informer les participants des objets interdits, c’est leur permettre de comprendre les règles, de s’y préparer et de contribuer eux-mêmes au bon déroulement de la manifestation.
Les organisateurs devraient donc intégrer cette communication dans leur dispositif de préparation, au même titre que les affiches promotionnelles, les programmes et les informations pratiques.
Il ne devrait plus être exceptionnel de voir circuler, quelques jours avant un grand événement, une affiche consacrée exclusivement aux consignes de sécurité et aux objets non autorisés sur le site.
Cette communication doit être relayée sur les pages officielles de l’événement, les réseaux sociaux des artistes et partenaires, les groupes WhatsApp, les médias et les différents canaux de promotion.
Une mesure simple pour prévenir les incidents
Au-delà du confort des spectateurs et de la fluidité des contrôles, l’enjeu est fondamentalement sécuritaire.
Un couteau, une arme, un produit inflammable ou une bouteille en verre peuvent constituer des risques dans un espace où se retrouvent des milliers de personnes. Dans une foule compacte, un incident apparemment isolé peut rapidement prendre des proportions préoccupantes.
Il est donc important que les restrictions soient clairement définies, adaptées à la nature de l’événement et aux caractéristiques du site. Les organisateurs doivent également préciser les éventuelles exceptions, les modalités de contrôle et les dispositions particulières concernant les objets nécessaires aux personnes en situation de handicap ou pour des raisons médicales.
L’objectif n’est pas de multiplier les interdictions, mais de réduire les risques et de créer un environnement dans lequel chacun peut profiter de l’événement en toute sérénité.
Faire de cette pratique un réflexe dans l’événementiel
Aux promoteurs culturels, producteurs de spectacles, organisateurs de festivals, gestionnaires de stades et responsables de foires, il est temps de faire évoluer les habitudes.
Chaque grand événement devrait disposer de son affiche officielle des objets interdits, conçue de manière claire, visuelle et facilement compréhensible, puis diffusée suffisamment tôt auprès du public.
Une telle initiative ne nécessite pas nécessairement de gros moyens financiers. Elle demande surtout de la prévoyance, une bonne coordination avec les responsables de la sécurité et une véritable culture de la prévention.
Car un public bien informé est un public mieux préparé. Et un public mieux préparé facilite considérablement le travail des équipes chargées de sa protection.
La réussite d’un événement ne se mesure pas uniquement à la qualité du spectacle, au nombre de billets vendus ou à l’affluence enregistrée. Elle se mesure aussi à la capacité des organisateurs à garantir, autant que possible, la sécurité de toutes les personnes présentes.
La sécurité ne doit pas être une improvisation de dernière minute. Elle doit commencer bien avant l’ouverture des portes.
