Trois personnes mortes par noyade et une quatrième sauvée de justesse : le bilan rapporté par les communautés riveraines du Lac Togo suscite une vive inquiétude à Vo 2. À Togoville, les populations réclament l’arrêt des travaux de dragage et d’extraction de sable menés par une entreprise chinoise, qu’elles jugent dangereux pour la sécurité des usagers du lac.
La sécurité sur le Lac Togo est au cœur des préoccupations des populations riveraines. Le lundi 12 octobre 2026, près d’une centaine d’habitants d’Agbantékopé, d’Agbantokopé, de Kéta et de Badougbé se sont mobilisés à la mairie de Vo 2, à Togoville, pour dénoncer les risques associés aux travaux de dragage et d’extraction de sable.
Selon les témoignages recueillis auprès des manifestants, trois personnes ont perdu la vie par noyade depuis le début des travaux, tandis qu’une quatrième a été sauvée de justesse grâce à la vigilance d’une équipe de veille communautaire installée au bord du lac.
Des travaux qui soulèvent des inquiétudes sécuritaires
Au-delà de leurs préoccupations environnementales, les riverains redoutent les conséquences des modifications du fond du lac sur la sécurité des pêcheurs et des autres usagers.
Ils estiment que les excavations créées par le dragage compliquent la navigation et rendent certaines zones de pêche plus difficiles à maîtriser. Les pêcheurs, qui connaissaient auparavant les profondeurs et les repères habituels du lac, craignent désormais de nouveaux accidents.
Face à cette situation, les communautés demandent l’arrêt immédiat des travaux et réclament une évaluation des risques avant toute reprise des activités.
Toutefois, le lien direct entre les travaux et les noyades rapportées reste à établir par une enquête technique. Une vérification des circonstances des accidents, de la localisation des excavations et des conditions de sécurité sur le site apparaît nécessaire.
La mairie interpellée sur la protection des populations
Réunis en session ordinaire, les conseillers municipaux ont suspendu momentanément leurs travaux afin d’écouter les manifestants. Le maire de Vo 2, Dominique Tomégah, a reçu les différentes délégations et assuré que leurs préoccupations seraient transmises aux autorités compétentes.
Les protestataires dénoncent également un manque d’information et de concertation avant le démarrage du projet. Ils demandent davantage de transparence ainsi que des mesures concrètes pour protéger les communautés riveraines.
En attendant des réponses officielles, la mise en place de mesures de prévention, une signalisation des zones dangereuses et une évaluation des conditions de navigation figurent parmi les pistes susceptibles de réduire les risques.
Avec trois décès par noyade rapportés et une quatrième personne sauvée de justesse, la sécurisation du Lac Togo constitue une préoccupation urgente. L’enjeu est désormais de déterminer les causes des accidents, de prévenir de nouveaux drames et de concilier les activités d’exploitation avec la protection des vies humaines.
