Les autorités ghanéennes ont secouru 119 ressortissants nigérians dans le cadre d’une opération visant des réseaux de cybercriminalité. Parmi eux, 105 ont déjà été rapatriés au Nigeria, tandis que les 14 autres restent pris en charge par les autorités ghanéennes. L’opération a mobilisé plusieurs services de sécurité des deux pays ainsi que des partenaires internationaux.
Une opération menée au Ghana contre des réseaux de cybercriminalité a permis de secourir 119 ressortissants nigérians. L’information a été annoncée lundi par l’Agence nationale nigériane pour l’interdiction de la traite des personnes (NAPTIP), dans un communiqué.
Selon l’agence, 105 personnes ont été rapatriées au Nigeria. Les 14 autres ressortissants restent en cours de prise en charge par les autorités ghanéennes, qui poursuivent les démarches nécessaires à leur situation.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la coopération sécuritaire entre le Ghana et le Nigeria face aux réseaux criminels impliquant des ressortissants étrangers.
Une opération coordonnée entre plusieurs services de sécurité
D’après la NAPTIP, l’opération a été coordonnée par le Bureau du conseiller à la sécurité nationale du Nigeria, à la suite d’une demande d’assistance de l’Autorité ghanéenne de cybersécurité.
Plusieurs organismes nigérians ont participé à cette intervention sous la coordination de la NAPTIP. Il s’agit notamment du Service nigérian de l’immigration, du Département des services de sécurité de l’État, de l’Agence nationale de renseignement et de la Commission nationale pour les réfugiés, les migrants et les personnes déplacées internes.
Le Haut-Commissariat du Nigeria au Ghana et l’Autorité fédérale des aéroports du Nigeria ont également contribué à l’opération.
La coopération a par ailleurs impliqué les autorités ghanéennes, notamment l’Autorité de cybersécurité et le Service de l’immigration, avec le soutien de la National Crime Agency du Royaume-Uni.
Cette mobilisation illustre l’importance de la collaboration entre les services de sécurité et les organismes chargés de la protection des personnes dans la lutte contre les réseaux criminels transfrontaliers.
Le Nigeria prépare la prise en charge des personnes rapatriées
À leur arrivée au Nigeria, les ressortissants rapatriés ont été accueillis au nom du gouvernement fédéral par la directrice générale de la NAPTIP, Binta Lami Adamu Bello.
Celle-ci leur a souhaité la bienvenue et les a rassurés quant à leur sécurité. Elle les a également invités à garder leur calme pendant que les autorités procédaient à leur profilage et préparaient leur réintégration.
Selon la NAPTIP, cette démarche doit permettre d’évaluer la situation individuelle de chaque personne, de déterminer ses besoins et de mettre en place une assistance adaptée.
L’agence a réaffirmé sa volonté de protéger la dignité et le bien-être des personnes secourues, en veillant à ce qu’elles bénéficient d’un accompagnement approprié.
Si l’opération est présentée comme une intervention contre des réseaux de cybercriminalité, les informations communiquées ne précisent pas les circonstances individuelles dans lesquelles les 119 Nigérians ont été identifiés ou secourus. Il convient donc de distinguer leur prise en charge des éventuelles responsabilités pénales, qui nécessiteraient des informations complémentaires.
La NAPTIP met en garde contre les offres suspectes à l’étranger
À la suite de cette opération, l’agence nigériane a appelé ses compatriotes à la vigilance face aux offres d’emploi, aux bourses d’études et aux autres opportunités présentées comme accessibles à l’étranger.
Elle recommande notamment de se méfier des promesses irréalistes, des descriptions de poste imprécises et des procédures de recrutement suspectes.
Cet avertissement souligne les risques auxquels peuvent être exposées certaines personnes lorsqu’elles acceptent des propositions dont les conditions réelles ne sont pas clairement établies.
La NAPTIP a, par ailleurs, réaffirmé son engagement dans la lutte contre la traite des êtres humains et les différentes formes d’exploitation qui peuvent y être associées.
Après le Ghana, 111 Nigérians évacués d’Afrique du Sud
Cette opération intervient peu après le rapatriement de 111 autres ressortissants nigérians depuis l’Afrique du Sud, dans un contexte de préoccupations liées aux violences xénophobes et afrophobes signalées dans le pays.
Selon les informations communiquées, ces personnes sont arrivées jeudi à l’aéroport international Murtala-Muhammed de Lagos à bord d’un vol de South African Airways.
Le groupe comprenait 44 hommes, 23 femmes et 44 enfants. Plusieurs représentants des institutions nigérianes, notamment la NAPTIP, le ministère des Affaires étrangères, la Commission des Nigérians de la diaspora et l’Agence nationale de gestion des urgences, ont participé à leur accueil.
Ces deux opérations mettent en évidence les défis auxquels les autorités nigérianes sont confrontées pour protéger leurs ressortissants à l’étranger, qu’il s’agisse de personnes prises dans des situations liées à des réseaux criminels ou de citoyens en détresse nécessitant un retour dans leur pays.
Au-delà des rapatriements, la prise en charge des personnes secourues et la prévention des risques demeurent des enjeux essentiels dans la lutte contre la traite des êtres humains, l’exploitation et les réseaux criminels transfrontaliers.
